La N-VA maintient la réforme de la TVA: "C'est une chose que les experts demandent depuis longtemps"
"C'est une des manières par lesquelles on peut transférer les charges fiscales pesant sur le travail vers la consommation. C'est une chose que les experts demandent depuis longtemps", a-t-elle expliqué. "Si l'on veut faire croître l'économie, c'est une étape qu'il faut franchir. On ne peut pas abandonner cela, certainement si l'on doit trouver 10 milliards d'euros. Il n'y a pas vingt façons d'y parvenir".
Le Premier ministre Bart De Wever a soumis à ses partenaires du gouvernement une proposition de réforme qui fait passer le taux de 21% à 22% et fusionne les taux de 6% et 12% en un taux de 9% moyennant des aménagements pour l'un ou l'autre secteur comme la construction ou l'horeca.
Le MR refuse
La mesure n'enchante pas tout le monde autour de la table mais le MR refuse catégoriquement de l'envisager. C'est une position qu'il tenait déjà sous le gouvernement précédent et qu'il a répétée durant la législature. Samedi, le sujet a fait capoter la reprise des négociations budgétaires. Depuis lors, celles-ci n'ont pas repris et devront sans doute attendre la fin du sommet européen prévu jeudi et vendredi.
Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a été pointé du doigt dans ce qui est présenté de plus en plus comme un bras de fer entre le Premier ministre et lui. Un "récit qui plaît aux médias mais qui n'est pas conforme à la réalité", affirmait-on mardi dans les rangs libéraux. Pourtant, dès samedi, le vice-Premier ministre des Engagés, Maxime Prévot, s'en était pris au président libéral, estimant qu'il constituait "peut-être" le problème de ces négociations. Et Mme Van Peel mardi l'a également visé. "Je pense que M. Bouchez ferait bien d'écouter les experts. Je comprends que c'est une étape difficile pour lui", a-t-elle souligné. "Mais nous devrons tous nous faire violence".
La question de la TVA n'est pas la seule à braquer le MR. Les libéraux veulent s'en tenir à l'accord de gouvernement et ne pas dépasser la part d'un neuvième de l'effort de 10 milliards reposant sur les recettes, soit 1,2 milliard d'euros, comme le prévoit l'accord de majorité. Or, selon eux, dans les propositions formulées ce week-end, cette limite est largement franchie. Une remise en cause de l'accord implique de réunir à nouveau les présidents de parti, estiment-ils.... Une piste déjà ouverte par M. Bouchez avant les négociations, mais dont les autres partis ne veulent pas.
La TVA n'est pas non plus la seule mesure sur la table en matière fiscale. Une taxation du patrimoine a également été mise en avant, de même qu'un régime plus strict pour les sociétés de management, une piste qui elle ne plaît pas du tout à la N-VA, disait une source.
Une quinzaine de jours pour un accord
Les pronostics vont bon train sur la survie du gouvernement depuis que le Premier ministre a annoncé qu'il n'était pas question pour lui de commencer l'année prochaine sous le régime des douzièmes provisoires. Cela lui laisse une quinzaine de jours pour trouver un accord.
"Les taux d'intérêt continuent à grimper. Les jours perdus rendront la tâche encore plus difficile et nous devrons demander davantage aux citoyens. L'échec n'est pas une option", a souligné Mme Van Peel. La N-VA n'entend pas soutenir un budget qui ne contiendrait pas suffisamment de réformes structurelles. "'Ce que nous n'accepterons pas, c'est d'élaborer un budget comme on le fait aujourd'hui à Bruxelles et en Wallonie, et comme cela s'est fait pendant des décennies au niveau fédéral. C'est précisément la raison pour laquelle nous sommes aujourd'hui confrontés à ces défis".