La patate sera en fête ce dimanche à Florenville, malgré une récolte catastrophique : "Il a fallu stopper un mois"
Créée en 1993, la Fête de la pomme de terre est rapidement devenue la manifestation incontournable du troisième week-end d'octobre.
Si, à ses débuts, la fête consistait en un petit marché des producteurs installé dans la petite rue du Mémabille, ce dimanche 18 octobre à partir de 10 h, ils seront une quarantaine d'exposants avec produits de bouche et artisanat qui occuperont la Place Albert 1er, la Halle et une partie de la Place des trois Suzanne.
Au centre des attentions de toutes les éditions, la Plate de Florenville, une pomme de terre qui depuis 2015 a son IGP (identité géographique protégée). Outre une place de choix dans les étals des producteurs, la plate a été mise à l'honneur pendant de nombreuses années grâce à un concours d'étuvées, le plat local emblématique (NDLR: n'en déplaise à certains, à Florenville on parle bien d'étuvées et non de touffaye), et depuis cinq ans grâce à un concours à destination des élèves des deux dernières années en école hôtelière.
Le rösti de plate de Lou-Anne
Après quatre éditions à l'ITCF Centre Ardenne de Libramont, c'est l'école hôtelière de l'Institut Sainte-Marie de Bouillon qui a accueilli le concours qui met à l'honneur la célèbre Plate de Florenville. Emmenés par la responsable de la section, Françoise Boreux, treize élèves de 5e et 6e années ont imaginé une bouchée de mise en bouche à base, on l'aura deviné, de plate de Florenville.
Après dégustation et cotation c'est le rösti de Lou-Anne Veriter, élève de sixième et originaire de Bellefontaine (Bièvre) qui a séduit un jury d'une dizaine de personnes. Conséquence directe du concours, Lou-Anne sera présente à Florenville ce dimanche avec 300 exemplaires de son rösti que le public pourra découvrir et apprécier.
Roustiquettes et fruits de saison
Comme annoncé plus tôt, près de 40 étals seront occupés au centre de Florenville. Malgré une récolte médiocre (voir ci-contre), les producteurs locaux de pommes de terre, de fruits et de légumes de saison, de miel, de confitures, de fromages, de diverses boissons tout aussi régionales auront de quoi faire plaisir aux visiteurs.
Possibilité également de se restaurer avec non seulement les étuvées mais aussi les traditionnelles roustiquettes des Chamaillots.
Exposition et balades de vieux tracteurs, animations musicales et cortège avec, en invitées d'honneur, les confréries trappistes de Chimay et Rochefort et bien entendu les Sossons d'Orvaulx organisateurs de l'événement, sont aussi au menu.
Maison du tourisme Florenville, 061/31 12 29 – [email protected]
Heureusement que la pluie vient d'arriver
"Avec la pluie enfin arrivée fin de semaine dernière, qui est tombée doucement en prenant le temps de bien entrer dans la terre, nous pouvons enfin reprendre l'arrachage des pommes de terre normalement, explique Pascal Emond. Nous avons dû arrêter d'arracher pendant un mois parce que la terre desséchée était dure comme la pierre et blessait le peu de pommes de terre qu'il y avait." Cela ne sauvera pas pour autant la saison puisqu'avec des rendements au quart d'une saison normale pour certaines variétés, la récolte 2026 est sans doute la pire pour la famille Emond à la Barrière de Chassepierre.
La pire récolte de la Barrière
"Pour la Plate, nous arriverons difficilement à la moitié du rendement normal qui est entre 15 et 20 tonnes à l'hectare. C'est encore pire pour d'autres variétés pour lesquelles nous en sommes à 10 tonnes/ha au lieu des 40 T/ha habituelles." Si pour certaines variétés on ne compte que quatre ou cinq tubercules au pied à la place d'une dizaine, toutes sont concernées par des patates d'un calibre anormalement petit. "En voyant la taille des pommes de terre laissées sur le champ par les machines, des gens venus pour glaner ont laissé tomber."
Et un passage dans les entrepôts à la Barrière de Chassepierre le confirme : des petites plates, celles privilégiées pour confectionner les étuvées, on devrait s'en procurer sans trop de problèmes. Par contre, on risque de devoir se lever très tôt pour trouver la bonne grosse patate à frites.
Se lever tôt, Pascal Emond, lui, le fait pour repartir arracher aux patates afin de remplir le mieux possible l'étal de ce dimanche.
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