La sécheresse tue des centaines de milliers de poissons en Suisse
La sécheresse en Suisse a déjà été fatale à des centaines de milliers de poissons. Les spécialistes redoutent même une hécatombe si le niveau des eaux ne remontent pas rapidement. En attendant, la surveillance est renforcée dans tout le pays.
En quelques semaines, les débits des rivières suisses se sont effondrés en raison de la sécheresse et les poissons en paient le prix.
"Nous avons une période où les niveaux sont tellement bas que certains trous isolent des groupes de poissons", explique Valère Bilat, garde-faune du canton de Neuchâtel, dans le 19h30 de la RTS. Le niveau d'eau descend jour après jour, transformant ces trous "en piège mortel pour les poissons", poursuit-il.
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Depuis le début de l’été, le garde-faune inspecte donc les cours d'eau les plus fragiles du canton de Neuchâtel dans le but de repérer les endroits où les poissons tentent de survivre. "C'est à nous de contrôler que les poissons sont toujours dans de bonnes conditions", précise Valère Bilat.
Déficit de pluie jusqu'à 80%
Ailleurs en Suisse, des centaines de milliers d’individus sont déjà morts ou très mal en point. Sur l'Emme bernoise, 50'000 ont néanmoins pu être sauvés grâce à des opérations de secours, mais la situation reste critique.
"Nous recevons désormais des signalements de toute la Suisse", indique le directeur de la Fédération suisse de pêche, David Bittner. "La situation s’aggrave et si cela devait durer encore deux mois, nous pourrions assister à la plus grande catastrophe que les populations de poissons en Suisse aient jamais connue."
Actuellement, le déficit de pluie atteint jusqu'à 80% dans le Jura et sur le Plateau. Le Rhin a vu son débit divisé par 3, le Doubs par 4 et l’Emme par 25.
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Températures dangereuses
Au Boiron, dans le canton de Vaud, le constat est le même. A son embouchure, la rivière n'est plus qu'un mince filet d'eau, mais le danger se mesure aussi avec un thermomètre. Le réchauffement des cours d'eau représente en effet aussi une menace pour les poissons.
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"Certains sont beaucoup plus touchés que d'autres", souligne Jean-François Rubin, responsable de recherche scientifique à la Maison de la rivière. "Si vous prenez les truites, par exemple, de la famille des salmonidés, ce sont des poissons qui supportent très mal l'eau au-dessus de 20 degrés. Là, on est maintenant à 25 degrés, donc c'est une catastrophe pour elles."
Dans le canton de Berne, les poissons de l'Emme sont relâchés dans un tronçon alimenté en eau potable, une mesure d'urgence devenue nécessaire pour refroidir la rivière.
Jan Haesler/edel
Des élevages de moules décimés par la canicule en Italie
En Italie, la canicule a de graves conséquences sur les moules. A Scardovari, au nord du delta du fleuve Pô, où se cultivent des moules d’appellation d’origine contrôlée, les pêcheurs retrouvent depuis des semaines des kilos de moules mortes dans leurs filets.
"Les moules ont été touchées par l’eau chaude et nous avons perdu le produit", indique Stefano Marangon dans le 19h30 de la RTS. "Il ne reste que des coquilles vides."
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Début juillet, l’eau de la baie a en effet dépassé les 32 degrés, ce qui est bien trop chaud pour ces mollusques, mais également pour d'autres organismes marins. Un millier de pêcheurs vivent des produits de la lagune. En raison de la canicule, ils ont perdu un tiers de la récolte, soit 100 tonnes de moules AOP. Cela représente une perte de 230'000 francs.
Pour lutter contre les effets du climat, le consortium de la baie de Scardovari demande donc aux autorités de creuser des canaux dans les fonds sableux du delta. "Ainsi, la mer pourra apporter de l’eau fraîche, plus riche en nutriment et en oxygène", explique Alessandro Faccioli, responsable pêche pour le syndicat Coldiretti. "Sans cela, des milieux comme celui-ci perdront toute leur biodiversité."