La Société de transport de Montréal (STM) embauchera 52 constables spéciaux de plus pour son métro, accroîtra les effectifs des intervenants sociaux et resserrera la surveillance par caméra dans le réseau souterrain. Avec les six mesures annoncées mardi, la Ville de Montréal et la STM souhaitent augmenter le sentiment de sécurité des usagers du métro.

Montréal investira 6,4 millions par année pour l’ajout progressif de 52 constables spéciaux d’ici la fin de 2027, afin de porter leur nombre à 230. En attendant qu’ils arrivent en poste, 12 policiers supplémentaires seront déployés cet automne dans les stations jugées plus critiques. « Les gens veulent prendre le métro sans nécessairement avoir à se demander s’ils vont se sentir en sécurité », a expliqué la mairesse Soraya Martinez Ferrada, lors d’une conférence de presse à la station Place-des-Arts mardi.

La STM entend par ailleurs moderniser, au coût de 3 millions de dollars, son Centre de répartition et de vigie des opérations, afin d’augmenter le nombre de caméras qui peuvent être utilisées en temps réel par les constables spéciaux. À l’heure actuelle, le métro compte 2500 caméras dans son réseau souterrain. Quelque 72 d’entre elles sont supervisées en temps réel. Leur nombre passera à 432, a précisé la directrice générale de la STM, Marie-Claude Léonard.

Cette mesure permettra de réduire les délais d’intervention pour les constables spéciaux et les services d’urgence. Elle est cependant distincte du projet-pilote mené depuis quelques mois avec l’intelligence artificielle dans cinq stations de métro et qui vise à détecter les flâneurs présents à la fermeture du métro. « Il n’y a pas de reconnaissance faciale », a rappelé Mme Léonard. « Les données sont effacées après quelques jours. C’est vraiment pour nous aider à pouvoir intervenir plus rapidement. »

La STM et la Ville feront passer de deux à six le nombre d’Équipes métro d’intervention et de concertation qui travaillent auprès des personnes vulnérables fréquentant le métro. Un partenariat conclu avec l’organisme Ambulance Saint-Jean permettra aussi le déploiement de quatre équipes d’intervenants pendant la période hivernale. « Il faut nous assurer qu’au sein même du métro, on offre l’accompagnement social qui est nécessaire », a soutenu Mme Martinez Ferrada.

Rappelons qu’au printemps dernier, la STM avait reconduit l’obligation de circuler dans le métro jusqu’en avril 2027. « S’il fait moins trente dehors et qu’il n’y a pas de ressources, on ne va pas mettre quelqu’un dehors », a assuré la mairesse.

Des métros plus fréquents dans un an

La STM compte même augmenter la fréquence du service à compter de l’automne 2027 à l’extérieur des heures de pointe, notamment en soirée. Pour l’instant, l’objectif est d’offrir une fréquence toutes les cinq minutes. « Ce sera la plus importante bonification de service à la STM depuis 2017 », a souligné la mairesse.

La STM compte sur l’augmentation de la fréquence du service pour hausser l’achalandage dans le métro. « Si on fait 2 % de l’offre de services, on va chercher 1 % d’achalandage », a expliqué Marie-Claude Léonard. « On pense que, dans un horizon de trois ans, on va y récupérer des revenus entre 8 à 12 millions de dollars. »

La STM a également recruté l’ancien directeur de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, pour diriger la nouvelle unité baptisée « Sûreté et résilience organisationnelle » relevant de Mme Léonard.

Le président de la Fraternité des constables et agents de la paix de la STM, Kevin Grenier, a salué les mesures annoncées mardi. « Cinquante-deux nouveaux constables, c’est vraiment une bonne nouvelle pour tout le monde. Ça va donner un peu d’air à ceux qui sont là présentement et ça va augmenter notre présence dans le métro. C’est l’étape numéro un pour ramener le sentiment de sécurité », a-t-il commenté.

Le nombre d’appels d’urgence et d’interventions des constables dans le métro n’a cessé d’augmenter au cours des dernières années. Selon M. Grenier, ces interventions sont passées de 22 000 avant la pandémie à environ 71 000 en 2025. Il s’attend à ce que ce nombre grimpe à 76 000 en 2026.