Un manifestant brandissant un drapeau à l’effigie d’Abdullah Öcalan, le chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) emprisonné en Turquie depuis 1999, lors d’une manifestation réclamant sa libération dans la ville à majorité kurde de Qamishli, dans le nord-est de la Syrie, le 15 février 2025. © AFP

Les députés turcs ont adopté lundi une loi historique ouvrant la voie à la réintégration des combattants du PKK, étape majeure du processus de paix visant à mettre fin à plus de quatre décennies de guérilla.

Kevin Dupont

Source: Belga

10 août 2026, 22:37

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Un texte, officiellement intitulé “Loi sur le renforcement de la solidarité nationale et de l’intégration sociale”, a été adopté en soirée par le Parlement turc à une très large majorité, avec 468 voix sur 562, au terme de douze heures de débat.

Il encadre le retour à la vie civile des combattants du PKK renonçant aux armes, sans toutefois prévoir d’amnistie générale ni trancher le sort d’Abdullah Öcalan, le fondateur et chef historique de la guérilla kurde emprisonné depuis 1999.

Un large consensus politique

Le gouvernement, conscient des réticences d’une opinion publique turque marquée par un conflit qui a fait au moins 50.000 morts depuis 1984, avait pris soin d’insister sur le fait que le texte, préparé ces dernières semaines, ne constituait pas une loi d’amnistie générale. L’opposition comme les partis au pouvoir ont soutenu l’initiative.

Le chef du parti nationaliste MHP, Devlet Bahceli, allié du gouvernement et initiateur du processus de paix fin 2024, a été vu serrant les mains des responsables du parti pro-kurde DEM à l’issue du vote.

Portée notamment par le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) du président Recep Tayyip Erdogan et le DEM, la loi prévoit de suspendre les poursuites et l’exécution des peines des auteurs de certaines infractions pour une période allant de cinq à dix ans.

Quelque 3.500 ex-membres de la guérilla sur les près de 10.000 détenus dans les prisons turques pourraient être libérés au cours d’une première phase, selon des députés turcs.

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