Labinot Bajrami: Progresser en Pays-Bas Après l'Incident du Parapluie
Publié31. août 2026, 08:18
FootballLabinot Bajrami assume son passé sans trembler
L'attaquant suisse de 21 ans a quitté la Suisse il y a plus d'un an. Il a rebondi à Helmond, aux Pays-Bas, où il espère progresser dans un environnement qui lui convient.


«Non, mon départ aux Pays-Bas n’avait rien à voir avec l'«affaire». Je ne me laisse pas influencer par ce genre de choses. Et j’assume de toute façon ce qu'il s’est passé. Ça fait partie de mon histoire et je n’ai pas besoin de la fuir. Certaines personnes ici le savent aussi. Je ne suis pas venu pour laisser derrière moi quoi que ce soit. J’ai simplement pensé que ce serait la meilleure étape pour ma carrière, afin de continuer à me développer comme joueur. C’est la seule raison de ma décision.»
L'«affaire» en question date d'un peu plus de deux ans. Lors d'une partie de Coupe de Suisse du FC Zurich contre Zoug 94 (0-2), Labinot Bajrami était en jeu à la 62e, puis avait été sorti 20 minutes plus tard par son entraîneur Ricardo Moniz. Le FCZ avait alors déclaré que le joueur avait répondu vulgairement à une consigne tactique. Au moment de ce remplacement, son père, furieux, s’était approché du banc et avait lancé un parapluie vers Moniz. Le «projectile» l’avait manqué de peu et le match avait été brièvement interrompu. Le buteur avait ensuite été rétrogradé avec les M21 et amendé. Son père avait quant à lui été interdit de stade.

Vendredi soir, après être entré à un quart d'heure de la fin du match de deuxième division néerlandaise entre sa troupe d'Helmond Sport et la réserve de l'Ajax Amsterdam (3-2), Labinot Bajrami n'avait pas l'air très heureux, quand son chef de presse lui annoncé qu'un média l'attendait. Forcément, après une défaite... Mais dès qu'il a su que le journaliste en question était venu de Suisse, il a directement affiché un immense sourire. Même quand il a constaté que le reporter venait de Romandie, ça ne lui a pas gâché l'affaire! Car l'attaquant zurichois parle un très bon français...
Dans la foulée de l'«affaire du parapluie», l'ancien international helvétique espoir, après un prêt à Winterthour, a quitté le pays pour tenter sa chance aux Pays-Bas. À Helmond, au sud du pays, où il s'était engagé pour trois ans. «J’ai le sentiment que c’est un très bon endroit pour progresser. On y mise beaucoup sur les jeunes, nous a-t-il dit. Il y a énormément d'éléments prometteurs dans cette ligue. Presque chaque équipe leur donne leur chance. Aux Pays-Bas, même en 1re division, tous les clubs misent sur la formation. Il y a beaucoup de très jeunes joueurs, issus de nombreux pays et de cultures différentes. Beaucoup parlent aussi français au sein de ma troupe d'Helmond Sport, donc je peux bien m’entendre avec eux. L'ambiance est très bonne.»

C'est aussi ce qu'il est venu chercher. Il a fait une saison pleine l'année dernière (35 matches et huit buts), même s'il attend encore de faire trembler les filets depuis le début du nouvel exercice. «Il y a une grande différence entre ici et la Suisse, mais je me suis très bien intégré, dès le début, a-t-il expliqué. Ici, j'ai trouvé de bonnes personnes, très accueillantes et cela donne une très bonne impression d'emblée. Et puis je commence à bien comprendre le néerlandais. Je pourrais peut-être déjà le parler, mais je n’ose pas encore. En revanche, je comprends à peu près tout. C’est un peu un mélange entre l’allemand et l’anglais...» Et ça, c'est aussi fort que de marquer un triplé!

Robin Carrel (rca) est journaliste spécialisé en sport à 20 Minutes depuis 2011. Ses sports de prédilection sont le football et le cyclisme, mais il privilégie surtout le terrain de la découverte.
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