Le Cabaret Vert, ce festival français qui attire toujours plus de Belges : "Un record de fréquentation"
Le Cabaret Vert ne cesse de gagner en notoriété dans notre plat pays. Situé à quinze kilomètres à vol d'oiseau de la Belgique, ce festival a attiré un public composé de 13 % de Belges à Charleville-Mézières, un record. Retour sur ces 4 jours de célébration musicale au cœur des Ardennes françaises.
Le rock à l'honneur
Jeudi, pour cette vingtième édition, le Cabaret Vert démarre sur une note résolument rock. Dès 22h20, Deftones, groupe culte multi-platine et lauréat d'un Grammy Award, fait vibrer la scène Zanzibar. Créé en 1988, le collectif légendaire prouve que son influence dépasse les frontières de la musique en attirant plus de 20 000 festivaliers pour cette première journée. Turnstile, groupe américain de rock-indé marque également la soirée avec un concert explosif et fédérateur.
Le vendredi, les festivaliers bravent la pluie de la fin d'après-midi afin de rejoindre la scène Zanzibar pour écouter Feu ! Chatterton. Viscéralement connecté à son public, le groupe prouve, une fois encore, sa singularité et la richesse de ses textes.
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Un peu plus tard dans la soirée, c'est au tour de la Belgique d'être représentée avec le duo de rappeurs Isha et Limsa d'Aulnay. Si tous deux ont une carrière solo bien établie, la rencontre de leurs deux univers fonctionne à merveille. Dans le décor bucolique et bordé de végétation de la Greenfloor, les artistes défendent avec brio, et pas mal d'humour, leur projet commun Bitume Caviar. Le public est présent en nombre pour soutenir nos compatriotes, le vendredi étant d'ailleurs la journée qui a attiré le plus de Belges sur le site du festival.

Si de nombreux spectateurs n'ont pas caché leur déception suite à l'annulation du rappeur hypersensible Gringe, cela a vite été oublié avec la richesse des autres propositions musicales de la soirée. La journée est effectivement marquée par le concert des légendaires Nick Cave and the Bad Seeds. Tout en explorant des thèmes profonds, cette figure majeure du rock australien happe son public. Celui-ci se laisse porter par la scénographie en noir et blanc et les titres emblématiques du chanteur, tels que "Red Right Hand" qui apparaît dans la série Peaky Blinders. Une prestation inoubliable de plus de deux heures.

La fée et la Boss Lady
"Une marée humaine de boss", voici comment Marguerite décrit son public venu en nombre samedi après midi malgré l'annonce d'une météo difficile. Il n'en est finalement rien puisque l'artiste révélée dans la Star Ac chante tout son répertoire sous un grand soleil. L'audience composée majoritairement de "filles, de femmes, de meufs" connaît tout par cœur. La fée, Snipeuse, La Maison, Crash Test… Au-delà d'être entraînants, les sons de Marguerite ont un côté presque libérateur pour de nombreuses personnes et cela se ressent tout au long de son show de presque une heure. Les fans dansent, crient, chantent, un vrai moment collectif qui fait du bien.
La suite de la soirée le sera tout autant. Après "la Fée" Marguerite, c'est au tour de Théodora la "Boss lady "de s'emparer de la main stage pour le dernier concert de sa tournée. Le moins que l'on puisse dire c'est que celui-ci restera longtemps dans les mémoires. Celle qui s'était déjà produite il y a un an au Cabaret Vert sur une plus petite scène prouve aujourd'hui qu'elle mérite la scène principale plus que personne. Elle enchaîne ses hits accompagnée de nombreux danseurs et musiciens offrant d'impressionnants tableaux. Deux moments du show marquent particulièrement. D'abord, au début quand Theodora est rejointe par Disiz, qui se produisait sur la même scène peu de temps avant. Ensemble, ils interprètent "Melodrama" devant une foule en folie, un moment rare "made in Cabaret Vert". Le deuxième temps fort du show est celui durant lequel la Boss Lady prouve ses capacités d'interprète lors du morceau "Ils me rient tous au nez ". Le texte percutant semble avoir touché plus d'une personne du public, offrant un moment suspendu dans cette soirée ardennaise. La chanteuse clôture son set par un message engagé pour la Palestine, mais aussi pour toutes les femmes qui ne peuvent pas faire la fête ce soir : "Tout le monde ne peut pas aller en concert partout dans le monde. Ce n'est pas le cas pour toutes les femmes en France, profitez pour elles car ce ne sont jamais des droits garantis". Christian Allex et Cédric Cheminaud, travaillent à la direction artistique du festival. Ils constatent que Théodora a créé une vraie expérience intergénérationnelle ce soir : "Il y a beaucoup de maman qui viennent vivre cette expérience avec leurs enfants. On retrouve deux ou trois générations qui se mélangent sur le festival car cette artiste les inspire, comme à une réunion de famille autour d'un titre ou d'un moment marquant".
"Mon meilleur souvenir était ici et nous venons de le recréer" : à Spa, le week-end des Francofolies a débutéPour finir la soirée, le DJ norvégien Kygo s'empare de la scène Zanzibar pour faire danser le public jusqu'au bout de la nuit.

Un dimanche familial
Ce dimanche en arrivant sur le site du festival on remarque assez vite deux éléments : le public est très jeune et familial et de nombreuses personnes sont là pour voir Gims. Pancartes, t-shirt et autres éléments du merchandising de l'artiste en attestent. Beaucoup sont venus à l'avance pour profiter du concert de Josman avant de voir la star de la Sexion d'assaut. Il fait encore jour pendant le concert du jeune rappeur français et pourtant l'ambiance est déjà semblable à celle d'un show en pleine soirée. Josman prouve qu'il s'est désormais imposé comme l'une des voix singulières de la nouvelle génération du rap français en proposant des morceaux dont le public connaît l'intégralité des paroles par cœur. Enfants, ados et adultes profitent du concert et cela fait plaisir à voir. C'est ce même effet intergénérationnel qu'il est également agréable de constater durant la prestation de Gims. L'artiste propose un voyage à travers son univers au fil des années, passant de la Sexion d'Assaut à Maître Gims et puis simplement Gims. S'il n'a plus à prouver son statut de machine à hits, le chanteur continue de surprendre par sa proximité avec son public et par les salles, et plaines, toujours plus combles qu'il remplit.

Pour les plus motivés, la soirée est loin d'être terminée après ce concert. Même si bon nombre de festivaliers optent pour un retour à la maison en ce dimanche soir, d'autres s'aventurent vers l'univers de Perceval sur la scène Razorback. Ceux-ci ne le regretteront certainement pas. Le producteur breton crée une ambiance impressionnante en enchaînant ses prods alliant techno et sonorités médiévales.
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Notons que cette journée du dimanche est aussi marquée par une agréable surprise. Après l'annulation de Gringe vendredi et de Charlotte Cardin samedi, beaucoup regrettaient l'absence de remplaçants. C'était sans compter sur les organisateurs de l'événement qui, de bon matin, ont annoncé la présence d'une artiste qui n'était pas programmé ce dimanche. Il s'agit de la Toulousaine Jain qui s'est produite au cœur d'un Zion Club bondé.
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Comme souvent en fin de festival, l'heure est au bilan pour les organisateurs ce dimanche soir. Au total, 106.000 festivaliers se sont rendus sur le site au cours de ces quatre derniers jours, 5000 de plus qu'en 2025. Un succès que l'équipe va prendre le temps de déguster avant de rapidement se remettre au travail. L'édition 2027 du Cabaret Vert se déroulera le même week-end d'août. Christian Allex et Cédric Cheminaud voient l'avenir avec sérénité : "On envisage l'avenir sereinement. C'est un exercice qui est chouette, le Cabaret Vert. C'est un livre ouvert avec plein de pages blanches où tout est possible. La preuve, c'est qu'en 20 ans, c'était la 20e édition, il y a des gens qui sont venus hier qui n'étaient pas venus depuis 14 ans. Le chemin parcouru est assez incroyable.. Des rêves, on en a encore plein parce qu'on a encore plein d'idées. Le Cabaret Vert, c'est 365 jours par an, même s'il n'y a que 4 jours de festival. "
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