Le Colfontainois promettait de balancer de l'acide au visage de son ex-compagne : Il risque deux ans de prison
"C'est mieux que de te tuer, ainsi tu vas souffrir toute ta vie." Ce message glaçant, adressé par David (prénom d'emprunt) à son ex-compagne, est au cœur du dossier examiné par le tribunal correctionnel. Le ministère public réclame deux ans de prison ferme contre ce Colfontainois, poursuivi pour harcèlement et menaces.
Le 15 mai 2024, la victime se présente au commissariat de la zone de police boraine. Elle explique subir un véritable harcèlement de la part de son ancien compagnon, principalement par téléphone et via des messages. Au cours de la nuit précédente, elle a reçu une série de SMS particulièrement inquiétants. L'un d'eux menace explicitement de lui jeter de l'acide au visage, afin qu'elle "souffre toute sa vie".
Pas la première plainte
Les enquêteurs constatent qu'il ne s'agit pas d'un premier épisode. La victime avait déjà déposé plainte à plusieurs reprises contre le prévenu. Poursuivi pour des faits similaires, il a toutefois été acquitté en 2025.
Interpellé le jour même, David est placé sous mandat d'arrêt. Lors de son audition, il reconnaît perdre tout contrôle lorsqu'il est en colère. Libéré sous conditions le 26 décembre, il reprend rapidement contact avec la plaignante. Quelques mois plus tard, il est à nouveau incarcéré. Remis en liberté le 7 novembre, il ne respecte pas l'interdiction de consommer de la cocaïne, recommence à importuner son ex-compagne et est une nouvelle fois arrêté après des appels menaçants et la dégradation de deux véhicules.
À l'audience, le prévenu reconnaît une descente aux enfers liée à une dépression, à l'alcool et à la drogue. Il affirme aujourd'hui avoir pris conscience de la souffrance infligée à son ancienne compagne et assure avoir changé. Il met en avant la formation de cuisine suivie en prison, sanctionnée par un diplôme, ainsi que le travail entrepris sur la gestion de ses émotions.
Le parquet doute
Le ministère public reste toutefois très sceptique. Il rappelle que le tribunal a déjà entendu le même discours lors de précédentes procédures et souligne le lourd passé judiciaire du prévenu, marqué par de nombreuses condamnations et trois mandats d'arrêt dans ce dossier.
La défense plaide un sursis probatoire, estimant que son client est fragile mais capable de se réinsérer s'il bénéficie d'un accompagnement adapté. "En prison, j'ai appris à gérer mes émotions et à être patient. J'ai aussi fait une formation en cuisine", dit David.
Par ailleurs, David devra encore comparaître en septembre devant le tribunal correctionnel de Charleroi dans un dossier de tentative de meurtre, une qualification que son avocat conteste.
Le jugement est attendu la semaine prochaine.