C’est l’histoire d’un Martiniquais, d’un Gardois et d’un Guadeloupéen. Parti comme ça, on dirait une vieille blague racontée par un tonton content de sa chute avant d’avoir commencé.

Heureusement pour nous, The Getdown sonne beaucoup mieux. Le batteur Arnaud Dolmen, l’organiste Laurent Coulondre et le pianiste Grégory Privat ont sorti un premier album éponyme en octobre dernier.

Depuis, le groupe a fait ses preuves sur scène. Comme on a pu le constater lors de son passage le 5 juillet au Peillon Jazz Festival, il a le chic pour enflammer la scène. Au programme ? Une envie de faire la fête, de mêler des influences jazz et des sonorités caribéennes.

« On apprend tout le temps des autres, de leur culture »

Arnaud Dolmen, Meilleur artiste instrumental des Victoires du jazz 2025, quatre ans après avoir décroché le prix de la Révélation, ouvre une autre voie.

« La musique nous rassemble, mais le côté humain est primordial. Ce qui est magnifique, c’est qu’on apprend tout le temps des autres, de leur culture. »

Les autres, ce ne sont pas que Laurent Coulondre et Grégory Privat. Car la composition de The Getdown est à géométrie variable.

Pour sa date du 25 juillet au Nice Jazz Fest, il prendra la forme d’un septet, avec le saxophoniste Ferdi, le trompettiste Yasek Manzano, la flûtiste Mélodie Spartacus ainsi que les pianistes Rolando Luna et Mario Canonge.

« Le but, c’est aussi de faire des rencontres, réunir des musiciens qui n’ont jamais joué ensemble et imaginer que ça fonctionnera », poursuit Arnaud Dolmen. « Entre certains d’entre nous, il peut y avoir 30 ou 40 ans d’écart, c’est très enrichissant. »

Histoire d’illustrer encore plus ses propos, le batteur fraîchement entré dans la quarantaine montera une première fois le 24 juillet avec le pianiste Mario Canonge, 65 ans.

« Les prix, ça donne une impulsion, ça permet de prendre des risques aussi »

Avec Laurent Coulondre, la connexion remonte à loin, même si elle n’était pas vraiment aboutie. Du temps de leurs études à Toulouse, il y a une quinzaine d’années, les deux musiciens s’étaient croisés dans des clubs et avaient effectué quelques sessions studios, sans vraiment se côtoyer plus.

Une fois à Paris, ils ont continué à arpenter les mêmes lieux et fini par jouer ensemble au Bab-Ilo. Arnaud Dolmen avait profité d’une carte blanche pour demander à Laurent Coulondre de l’accompagner au piano.

Le vrai rapprochement s’est opéré en 2023 ans, lorsqu’ils ont été nommés pour le prix Django Reinhardt, décerné par l’Académie du Jazz. Une récompense qui avait atterri entre les mains de… Grégory Privat. « L’aventure est partie de là », commente Arnaud Dolmen.

On lui demande ce que représentent les distinctions dans son parcours.

« C’est toujours gratifiant, ça donne une impulsion, ça donne aussi de la confiance en soi. Et ça permet de continuer à faire ce qu’on aime, et de prendre des risques aussi. »

« Tous mes projets sont différents, mais ils se nourrissent »

Prendre des risques, c’est s’autoriser à s’embarquer dans différentes directions en préservant sa liberté, tout en bénéficiant d’une certaine attention des médias et des programmateurs. En ce moment, Arnaud Dolmen emprunte plusieurs directions.

Avec le bassiste Michel Alibo et le multi-instrumentiste haïtiano-canadien Jowee Omicil, il a formé Poets of Forest. Avec le pianiste brésilien Leonardo Montana, il est impliqué dans le duo LéNo.

En plus de The Getdown, il y a aussi son propre quartet et le Vitygroove, un quintet avec lequel il s’était présenté au Nice Jazz Fest' en 2024.

« Tous mes projets sont différents, mais ils se nourrissent. Et je pense qu’ils reflètent vraiment ma personnalité. Je suis quelqu’un de très acoustique, j’aime ça. Mais je viens du groove et de la danse. The Getdown, c’est un métissage. Avec Laurent, on s’apporte énormément, musicalement et humainement. Poets of Forest tourne autour de la nature, c’est très important pour moi, j’ai grandi à la campagne. Mon quartet est plus jazz, alors que LéNo est plus expérimental. Et le Vitygroove, c’est vraiment basé sur les percussions, les voix en choeur. »