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(Capture France TV)

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Jasper Stuyven, le lanceur de Tim Merlier, mène les débats en tête de file du peloton, à l'entrée de l'avant-dernier virage menant à la flamme rouge. Mais Merlier est loin du compte, il est en 15e position. Juste après ce virage, Stuyven jette d'ailleurs un regard derrière lui pour voir où est son leader. Trop loin. « On est un peu redescendus dans le virage à 2,4 km, donc j'ai vraiment dû trouver ma place, soutenait Stuyven à l'arrivée. Je ne suis pas sûr que Tim me suivait, mais on a décidé que si je devais me retrouver à l'avant à ce moment-là, il décrocherait un peu. Il est super bon quand il doit se fier à son instinct dans ce genre de moment. »

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Le matin, au départ de Périgueux, Biniam Girmay (NSN) disait qu'il fallait être dans les cinq premiers au dernier virage pour l'emporter. En s'arrêtant à cet instant de la course, difficile d'imaginer Merlier aller signer un doublé en deux jours. Le sprinteur de Soudal Quick-Step est encore loin du compte, comme il l'était 500 mètres avant. Il pointe alors en 13e position, et ses rivaux tels que Jasper Philipsen (qui a encore Mathieu van der Poel pour l'aider), Max Kanter (XDS-Astana) ou Olav Kooij (Decathlon-CMA CGM) sont devant et bien devant. Merlier, lui, dira même qu'il a frôlé la chute à ce moment.

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Merlier n'a pas pris le virage dans les meilleures dispositions, et il a surtout dû concéder une importante cassure à moins de 500 mètres de la ligne. L'écart est net avec les sept hommes qui sont devant et qui sont idéalement placés pour aller s'imposer. Les Alpecin-Premier Tech semblent avoir un boulevard vers la ligne d'arrivée, avec Philipsen juste calé derrière son coéquipier Van der Poel.

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Même en très mauvaise posture, Merlier décide de lancer son effort. Dans la dernière ligne droite, son directeur sportif, Tom Steels, estime même qu'il est protégé. « C'est comme s'il était derrière un camion, et ensuite il choisit le timing parfait, parce que lui décide vraiment du timing quand il sent qu'il peut atteindre sa vitesse max. Il ne regarde pas la distance qui lui reste ou ce que font les autres sprinteurs », raconte-t-il. En augmentant très nettement sa fréquence de pédalage, en moins de 200 mètres, Merlier a recollé aux meilleurs. C'est déjà impressionnant.

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Cinquante mètres plus loin, et donc à 150 mètres de la ligne, Tim Merlier est parvenu, au prix d'un effort fou, à revenir sur ses rivaux.  Il est à ce moment-là à hauteur (de gauche à droite) d'Olav Kooij, Jasper Philipsen et Mathieu van der Poel, qui vient de déposer son leader.  Merlier développe bien plus de puissance que ses adversaires, qui sentent sa vitesse dans leur dos et qu'il va les dépasser dans quelques mètres.

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Philipsen a craqué, Girmay est revenu de très loin lui aussi pour terminer deuxième, Kooij a résisté pour prendre la troisième place du podium, mais c'est bien Merlier qui s'est imposé. Avec une belle marge d'ailleurs, alors qu'il était encore si loin de la tête de course au moment de l'emballage final. Le Belge a réussi à maintenir une vitesse phénoménale dans les 400 derniers mètres, à partir du moment où il a pleinement lancé son sprint. Du grand art, et surtout du feu dans les jambes.