Le film "Le chanteur de jazz" (1927) porteur d'une promesse universelle
Il y a 99 ans, le cinéma était porteur d'une promesse, c'est le mot d'Asko ce matin. En effet, près d'un siècle après la sortie du "Chanteur de jazz", retour sur les origines du cinéma parlant et sur la manière dont les films façonnent la mémoire universelle.
Claude Askolovitch raconte l'histoire d’une promesse qui nous vint au cinéma il y a 99 ans.
"Vous n’avez encore rien entendu", disait en 1927 le chanteur américain Al Jolson qui faisait basculer le cinéma dans la parole dans "Le chanteur de Jazz", premier film parlant de l’histoire où il chantait Tootsie.
Le Jazz singer est donc un moment de l'humanité. Mais cette semaine les médias britanniques nous ont rappelé la famille Moffat, des Écossais qui faisaient du théâtre et qui, en octobre 1926, un an avant le "Jazz singer", projetaient à Édimbourg un film nommé "Till the bells ring", adapté d'une de leurs comédies, et "Super talking picture". Eh oui, on parlait dans "Till the bells ring" qui fut donc le vrai premier film parlant.
On aimerait en entendre un extrait, mais malheureusement le film a disparu, il en existe seulement deux copies aux archives du British Film Institute. Marc David Jacobs, le chercheur qui a révélé l’existence du film, a dit à la BBC que l'histoire nous montre ce qu'est la puissance culturelle, comment Hollywood s’est imposé à la mémoire du monde.
Et ce n’est pas la seule leçon de cette découverte !
Ces films centenaires portent des histoires fortes
Par exemple dans "Le chanteur de jazz", on entend la prière du Kol Nidré, l’ouverture de la fête juive de Kippour. Le film racontait un fils de rabbin qui choisissait le music-hall, mais le soir de sa grande première à Broadway, il apprenait que son père était mourant et il le remplaçait à la synagogue.
Ce fut l’entrée du judaïsme dans la culture populaire américaine. Mais pas seulement cela. Al Jolson, comme son personnage dans le film, chantait souvent le visage noirci, les lèvres gonflées au trait blanc, un noir de caricature. C’était une pratique courante au music-hall que ce blackface. Pratique aujourd’hui réprouvée, jugée humiliante et raciste.
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"Le chanteur de jazz" nous raconte un moment de l’histoire dans ses espérances et ses injustices
Quant au film qui le détrône ? Il est une revanche... "Till the bells ring" ne fut pas tourné en anglais mais en écossais, en scots. La première langue parlée au cinéma aura donc été une langue qui exprime les héros d'un pays vaincu.
Un pays qui fut annexé à l’Angleterre dans le Royaume-Uni, mais qui désormais réclame son indépendance.
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