Le garagiste engage un ami pour "tabasser" son ex-femme : la conversation est écoutée en direct par les gendarmes, deux hommes renvoyés devant le tribunal
l'essentiel EXCLUSIF. Alors qu'ils traquaient des narcotrafiquants dans la région toulousaine, les enquêteurs ont intercepté en direct la préparation d'une violente agression ciblée contre une mère de famille. Un garagiste local, aveuglé par la jalousie, aurait en effet sollicité un suspect pour orchestrer une expédition punitive rémunérée. Ce vendredi, deux des principaux mis en cause doivent comparaître devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Retour sur les coulisses d'une surveillance policière qui a pris une tournure dramatique inattendue.
Une enquête pour trafic de stupéfiants a-t-elle permis d'éviter qu'une femme soit tabassée ? Un homme de 39 ans est soupçonné d'avoir engagé deux individus pour frapper son ex-compagne. Deux des trois suspects sont déférés au parquet de Toulouse, ils devraient être jugés ce vendredi 18 septembre 2026 en comparution immédiate.
Un véhicule sous très haute surveillance
L'affaire démarre en février 2026. À cette période, Michaël (*) ne le sait pas mais la gendarmerie est derrière lui. Les forces de l'ordre le suspectent d'être au cœur d'un trafic de stupéfiants. Pour collecter les preuves, sa voiture est même "sonorisée", un micro est placé à l'intérieur pour entendre tout ce qui se dit.
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Un contrat d'intimidation sur fond de jalousie
Première surprise, les conversations ne tournent pas toujours autour du trafic de stupéfiants. Le 27 février, Michaël est appelé par un ami à lui, garagiste près de Portet-sur-Garonne. Le mécanicien et son ex sont en conflit, il est persuadé qu'elle l'a trompé et souhaite se venger. Le trentenaire propose donc à Michaël d'aller intimider la mère de famille en lui crevant les pneus et en rayant sa voiture. Un contrat tacite semble être passé, les faits seront commis en échange d'une rémunération.
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Un piège tendu sous les micros des gendarmes
Le 9 mars, Michaël recrute un exécutant pour l'aider, un homme en situation irrégulière déjà connu pour trafic de stupéfiants. Cet individu est avec lui dans la voiture, garée juste en face de la résidence de la mère de famille à Villeneuve-Tolosane. Les consignes enregistrées par le micro sont claires : l'homme doit frapper la victime, assez fort pour que la blessure reste visible pendant de longues semaines. À ce moment-là, le duo n'imagine pas une seconde que les gendarmes écoutent tout attentivement. L'ex-mari passe devant ses deux complices pour donner le go. Le "sans papier" sort de la voiture mais il est surpris par un improbable contrôle d'identité.
L'heure des comptes devant la justice
L'agression n'a pas lieu, mais ce commencement d'exécution entraine une enquête incidente, gérée à part du dossier de trafic de drogue. Mis en examen et incarcéré provisoirement pour sa participation active à la vente de produits stupéfiants, Michaël est finalement extrait de sa cellule ce 15 septembre accompagné par le garagiste mais pas le troisième homme, qui reste introuvable. Au cours des auditions, les deux hommes assistés par Mes Alexandre Parra-Bruguière, Camélia Dilmi et Brice Zanin ont minimisé leur plan, assurant qu'ils souhaitaient juste l'intimider. Michaël évoque une somme de 1 000 € en échange de ses services, ce qui est contesté par le garagiste.