Non, Patrice (prénom d'emprunt) n'a sans doute pas voulu s'improviser trafiquant de drogue à l'approche de la soixantaine. Néanmoins, ce Lessinois est bel et bien poursuivi pour détention et vente de plusieurs produits stupéfiants, dont la cocaïne et le speed. Des faits qui ont eu lieu entre début 2023 et début 2025. Patrice est en aveux. Son domicile avait fait l'objet d'une perquisition.

Dans son véhicule, deux grammes d'héroïne avaient été retrouvés. "Mais ça, ce n'est pas moi. Je n'ai jamais vu d'héroïne de ma vie. Ma voiture, je la mettais à disposition de tout le monde", assure-t-il.

Patrice explique avoir perdu pied suite à plusieurs événements. "D'abord une séparation, alors que ma femme et moi étions ensemble depuis très longtemps. J'ai aussi perdu mon emploi."

Bref, une descente aux enfers. "J'ai commencé à consommer. Ce n'était pas la bonne réaction à avoir mais à l'époque, je n'en avais pas conscience. Je n'ai pas du tout fait ça pour obtenir un gain. D'ailleurs, de gens ont profité de moi et j'ai dépensé beaucoup d'argent. Aujourd'hui, je ne consomme plus."

Recréer du lien social

Le ministère public confirme que la perquisition chez le prévenu avait permis de mettre la main sur des stupéfiants et des balances de précision et que l'exploitation de son GSM avait été édifiante.

"Il a été identifié par quatre clients. Je requiers 15 mois avec sursis probatoire."

La défense souligne que son client vendait à quelques amis sans en retirer de bénéfices. "Il achetait pour sa consommation personnelle et pour dépanner des connaissances. Il voulait à travers cette activité récréer du lien social, mais il a perdu beaucoup dans l'aventure, et pas que de l'argent. Il a sombré dans la drogue après sa séparation. Il évoluait aussi dans le milieu de la nuit mais a quitté cet univers. Mon client avait été libéré sous conditions. Nous sollicitons le sursis simple ou probatoire."

Avant de partir, Patrice a indiqué qu'il voulait faire table rase du passé. "Je souhaite aller de l'avant. J'étais dans une spirale négative. Je n'ai pas eu la bonne réaction, mais encore une fois, je ne m'en rendais pas compte sur le moment."

Jugement le 29 septembre.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.