Bien installé sur le banc de Lille, Davide Ancelotti ne cache pourtant pas son rêve ultime : succéder un jour à son père au Real Madrid.

Arrivé cet été sur le banc du LOSC après son passage auprès de la sélection brésilienne, Davide Ancelotti réalise une entame d’exercice convaincante en Ligue 1, plaçant les Dogues à la quatrième place tout en disputant la phase de ligue de la Ligue des champions. Pourtant, ses confidences accordées au quotidien espagnol AS risquent de faire grincer quelques dents chez les supporters nordistes. Interrogé au Domaine de Luchin sur ses ambitions personnelles et ses perspectives d’avenir, le technicien italien de 37 ans n’a pas caché le sommet qu’il rêve d’atteindre un jour : le Real Madrid.

Un bonheur lillois troublé par l’appel de Madrid

Choisi cet été par le LOSC pour succéder à Bruno Genesio, l’ancien adjoint de Carlo Ancelotti a ouvert la porte à une arrivée future sur le banc du stade Santiago-Bernabéu. À la question de savoir si diriger les Merengues figure dans ses rêves, le coach lillois n’a pas cherché à esquiver le débat : « Le Real Madrid est le rêve de tout le monde, et c’est évidemment le mien aussi. »

Ancelotti prend toutefois soin de ne pas présenter Lille comme une simple salle d’attente. Il rappelle que cette ambition dépend d’abord de ce qu’il accomplira lui-même et assure ne pas penser actuellement au Real, estimant disposer dans le Nord d’un projet « spectaculaire » qu’il juge particulièrement stimulant.

L’exigence du banc merengue au cœur des ambitions

Tout en qualifiant le modèle économique du LOSC d’« ovni », capable d’absorber chaque été des départs importants tout en restant compétitif, Davide Ancelotti insiste sur la trace laissée par ses quatre années au sein du staff madrilène : « Le Real a marqué ma carrière. Là-bas, avec une telle pression, chaque match est le plus important. Cette exigence, on la garde en soi pour toujours. »

Cette réalité économique, Davide Ancelotti la connaissait déjà en prenant les commandes du LOSC, un club habitué à vendre ses meilleurs éléments tout en maintenant ses ambitions européennes.

L’entraîneur assume également une philosophie très pragmatique. Il cite notamment Unai Emery pour son organisation défensive et reconnaît l’influence méthodologique de José Mourinho, dont il estime même qu’il constitue actuellement le profil idéal pour entraîner le Real Madrid. Ancelotti revendique un football vertical et rapide, mais insiste aussi beaucoup sur la nécessité de défendre correctement pour rester compétitif au plus haut niveau.

Le business de la victoire comme seul juge de paix

Son discours devient surtout révélateur lorsqu’il évoque ce qui le sépare encore du banc madrilène. Ancelotti ne considère pas son passé au Real ni son nom comme suffisants. « Chaque entraîneur qui arrive au Real Madrid possède un statut que je n’ai pas encore, et que je dois me construire en gagnant des matches. C’est le business de la victoire. On peut passer trois jours à discuter de philosophie, mais ce qui compte vraiment, c’est de gagner. »

Son passage à Lille prend ainsi une importance particulière dans la construction de sa carrière. Ce n’est pas Ancelotti lui-même qui le présente comme un simple tremplin vers Madrid : au contraire, il insiste sur son attachement au projet actuel. Mais il ne dissimule pas davantage son ambition ultime. Pour espérer un jour retrouver Santiago-Bernabéu en numéro un, il sait que son nom ne suffira pas. Ses résultats avec le LOSC contribueront désormais à déterminer s’il peut réellement se construire le statut qu’il estime encore ne pas posséder.