Première édition de la nouvelle formule annuelle de l’événement manceau, Le Mans Classic Legend 2026 faisait la part belle du 2 au 5 Juillet aux voitures des années 70 à 2010, qui à travers 5 plateaux, 4 courses support et des parades thématiques tout au long du week-end, souhaitait attirer un public plus jeune. Une modernité assumée qui s’est très largement fait ressentir en parcourant les clubs, où les voitures antérieures à 1980 se faisait particulièrement rares.

Au terme de l’événement, ce sont ainsi 104 clubs et environ 3200 voitures qui se sont laissés admirer sur le circuit Bugatti, loin des 8500 à 9000 voitures auxquelles nous avait habitués Peter Auto lors des dernières éditions bi-annuelles. Il faut dire que côté calendrier, cette édition Le Mans Classic Legend tombait en même temps que le GP de Silverstone, faisant ainsi pencher le coeur d’une partie du public anglais en faveur d’un rdv automobile local, tout aussi immanquable.

Côté fréquentation, on remarquait ainsi la réduction drastique de représentantes de certains clubs, voire l’absence totale de certains d’entres eux, à l’image du TVR Car Club ou encore de l’AMOC France. Fort heureusement, parcourir les espaces clubs n’était pas totalement dénué d’intérêt et l’on pouvait retrouver nombre de pépites soigneusement rangées, et garées à la vue de tous pour le plaisir des yeux. Je vous en propose une sélection non exhaustive.

Ambiance mitigée du côté du PEC

Depuis l’édition 2025, la fédération des clubs Porsche de France a pris possession de l’ex-camping Maison Blanche, près du Porsche Expérience Center (PEC). Une décision qui permettait alors d’offrir à l’une des attractions immanquables de chaque édition du Mans Classic plus d’espace, et de libérer ainsi une partie du circuit Bugatti pour accueillir la scène éphémère pour les divers concerts proposés. Si l’année dernière fut riche en découvertes, la fréquentation moindre de l’espace dédié à la marque de Zuffenhausen était assez criante pour ce millésime 2026. Peu voire aucune Porsche ancienne (antérieure à 1980) et plus de la moitié de l’espace complètement vide, de quoi rester quelque peu sur sa faim.

Fort heureusement, les quelques dizaines (centaines ?) de modèles présents étaient d’une qualité assez déconcertante, mettant en avant des éditions exclusives, des configurations rares ou encore des modèles les plus radicaux. On remarqua ainsi en premier lieu, une forte représentation de la gamme GT3/GT3 RS.

L’ensemble de l’espace Porsche gardait ainsi un fil conducteur commun : l’état remarquable des modèles présentés, à l’image de ce Boxster 986 jaune, non dénué d’intérêt “collection” face à la horde de Cayman/Boxster Spyder/GT4/RS, à la palette de couleurs tout aussi variée !

Le Club Lotus France sauve l’honneur

Le Mans Classic Legend ne serait pas digne de son appellation “Le Mans Classic” sans une représentation remarquée du Club Lotus France, chez qui on notait toutefois là encore, l’absence de modèles historiques. Quasiment aucune Lotus antérieure à 1980, mis à part un duo remarqué Elan +2 / Europa, du plus bel effet.

Les modèles “dérivés” étaient également bien représentés, avec plusieurs dizaines de Caterham, quelques Opel Speedster (produit à Hethel sur les lignes de fabrication de l’Elise) et l’un de mes coups de coeur de cette édition, une Tesla Roadster, première du nom, à la couleur jaune typiquement Lotus. L’air de famille était ainsi difficile à dissimuler.

Supercars Club Private : un autre “classic”

Plus que jamais, le SCP participait au caractère exclusif de l’événement, en fournissant une bonne partie des inscrits à la parade “Supercars”, l’une des nouvelles animations de cette première édition Legend. L’on pouvait admirer à l’image des années précédentes certaines des plus belles supercars/hypercars des années 2000/10/20. J’y admirais ainsi ma première Aston Martin Valhalla, une Lamborghini Revuleto (parmi les 3 observées lors de ce week-end, toutes de noir vêtues), ou encore une AMG GT-R Black Series et son aileron démesuré.

Ferrari : l’union fait la force

Le Ferrari Club de France, le Ferrari Club Switzerland & Ferrarista Club étaient astucieusement positionnés côte à côte et l’un en face de l’autre sur la partie haute du circuit Bugatti, offrant un espace 100% Ferrari bien apprécié des spectateurs. Une fois n’est pas coutume, nous retrouvions malheureusement peu de Ferrari “anciennes” à proprement parler, mise à part une 512BB rouge. Nous pouvions en revanche admirer un exemplaire de la récente 12cilindri Spider.

Des supercars & sportives absolument partout !

Outre le SCP précédemment nommé, le circuit Bugatti abritait bon nombre de supercars & sportives plus ou moins modernes parmi les différents clubs, à l’image donc de la thématique “Legend” de cette édition 2026 du Mans Classic. On pouvait ainsi croiser en premier lieu, deux de celles qui ont participé à la création du rêve de la Supercar telle qu’on la connait aujourd’hui, à l’image des posters soigneusement affichés dans les chambres d’ados d’une grande partie du public présent lors de ce week-end : la Lamborghini Miura & la Ferrari F40.

La dite Miura se laissait admirer au milieu d’autres jolis exemplaires de la firme de Sant’Agata Bolognese. Petit coup de coeur pour l’Huracan STO à la configuration presque “sobre” en comparaison avec les combinaisons de teintes parfois osées, régulièrement choisies sur ce modèle.

Si la plupart des Porschistes affectionnent en particulier les clubs officiels de la marque, les amateurs de flat-6 restent nombreux parmi les clubs multimarques, au point de faire de la firme de Zuffenhausen sans aucun doute la marque la plus représentée parmi les clubs. Nombre de pépites ont attiré mon regard : 2 exemplaires de la récente 911 Type 992 S/T, une ribambelle de 718 Spyder RS britanniques soigneusement configurés, ce qui me semble être la première 911 type 992 Dakar que je croise, ou encore un duo de raretés 997 GT2 RS / 996 GT3 RS.

Du côté de chez Alpine, j’ai pu remarquer la bonne représentation de teintes “Atelier”, rendant ainsi chaque berlinette particulièrement désirable pour l’amateur de “lights” que je suis. Mention spécifique à l’A110 Groupe 4 Ravage vert menthe et à l’habitacle en suédine violette : originale !

La présence de quelques TVR parmi les clubs m’a quelque peu consolé de l’absence du TVR Car Club. Tuscan, 3000M, Tamora, T350 à la teinte psychédélique ou encore une très désirable Sagaris, en immatriculation française s’il vous plait !

La diversité avant tout !

Pour terminer ce premier plongeon dans l’univers Le Mans Classic Legend, je vous propose, à l’image de 2025, un ultime “fourre-tout” illustrant malgré les quelques griefs à propos de cette nouvelle formule, la diversité assez surprenante des modèles présents parmi les clubs. De la De Tomaso Deauville à la dernière Maserati GranTurismo Trofeo, en passant par une originale Marcos GT, il vous sera difficile de n’en retenir qu’une ! Rendez-vous en 2027 pour Le Mans Classic Heritage et ainsi déterminer si la formule pourra de nouveau mobiliser les clubs en masse comme ce fut le cas jusqu’en 2025.

Crédits Photos : Maurice Cernay