Le ciel s’assombrit au-dessus du Nissa Rugby, qui pourrait se voir relégué administrativement ce vendredi 24 juillet après son passage devant l’Autorité de Régulation (A2R, anciennement DNACG), le gendarme financier du rugby.

D’après les informations recueillies par Nice-Matin, la communication est actuellement rompue entre le club et la Ville de Nice, alors même que les ex-dirigeants niçois (1) espèrent un coup de pouce des collectivités.

Il manquerait environ 2,5 millions d’euros dans les caisses (sur les 10 millions budgétisés) pour la saison à venir en Pro D2 (la deuxième division française), qui doit débuter le 27 août face à Biarritz. L’urgence financière est donc là, et même si tous semblent vouloir trouver une solution, l’avenir du club reste, pour le moment, en suspens.

« Le financement du sport professionnel ne repose pas à 100 % sur une subvention publique, c’est aussi de l’argent privé. C’est à l’actionnaire soit de mettre de l’argent à la hauteur du projet professionnel qu’il ambitionne, soit, s’il considère qu’il n’a plus les moyens de le faire, de passer la main, avance Benoît Kandel, l’adjoint aux Sports de la Ville de Nice. La balle est dans le camp des actionnaires. C’est à eux de prendre leurs responsabilités. De notre côté, le maire, Eric Ciotti, a fait le maximum ».

Selon une source proche du dossier, certains membres du club estiment que le trou financier résulte, entre autres, d’un projet de tribune « hospitalités » éphémère de 1 400 places qui ne verra vraisemblablement pas le jour avant la reprise du championnat. Ce qui créerait un manque à gagner de plusieurs centaines de milliers d’euros pour le Nissa Rugby (on parle même de 1,2 à 1,5 million d’euros selon diverses sources).

La Ville ne promet pas de miracles

Mais d’après Benoît Kandel, il n’est pas raisonnable d’espérer des miracles de la Ville, dans l’immédiat : « Le maire est là seulement depuis le mois de mars. Nous essayons de faire le plus vite possible, mais il y a des contraintes. On espère avoir la tribune avant la fin de la saison prochaine. Le plus tôt possible, en tout cas », lance-t-il.

Avant l’édification de la tribune, si édification il y a, le couperet pourrait tomber ce vendredi pour le Nissa Rugby avec une décision extrêmement attendue.

« C’est compliqué de monter en Pro D2. Les joueurs ont consenti les efforts nécessaires. Ce serait vraiment dommage de redescendre en Nationale », souligne enfin Benoît Kandel, en espérant qu’une hypothétique solution voie le jour.

En cas de relégation administrative, le club devrait faire appel, ce qui pourrait laisser une quinzaine de jours pour trouver une solution.

(1) Jean-Baptiste Aldigé, président du club, et Patrice Prévot, président de l’association, ont tous deux récemment démissionné de leurs fonctions.

Le Nissa Rugby pourra-t-il évoluer en Pro D2 ? La réponse reste en suspens.