Chats snowboardeurs, chiens déguisés: les comptes consacrés aux animaux attirent des centaines de milliers d’abonnés et peuvent générer d’importants revenus. Les organisations de protection animale alertent toutefois sur des mises en scène susceptibles de nuire à leur bien-être.

Les animaux de compagnie sont devenus omniprésents sur les réseaux sociaux. Certains disposent de leur propre compte, suivi par une communauté parfois considérable. Ce phénomène porte un nom: le "petfluencing", contraction des mots anglais "pet" et "influencer".

Derrière ces contenus largement aimés, partagés et commentés se développe aussi une activité économique. Certaines personnes consacrent désormais tout leur temps à l’image numérique de leur animal.

Une chatte suivie par 284'000 personnes

Elle, une chatte ragdoll, compte 284'000 abonnés sur Instagram. Depuis six mois, sa propriétaire vaudoise Amanda Bühler, spécialiste en communication, se consacre entièrement à ce compte.

"L’idée avec le compte d’Elle, c’est de montrer qu’un chat peut faire autre chose que rester à la maison en attendant que l’on rentre du travail", explique-t-elle samedi dans le 19h30 de la RTS.

La chatte accompagne notamment sa propriétaire sur les pistes de snowboard. Amanda Bühler affirme avoir appris à reconnaître les signes indiquant qu’Elle est détendue, fatiguée ou dépassée par une situation. "Je choisis des jours où il y a peu de gens, je vais peut-être faire quatre descentes avec elle, et c’est toujours en considération de ce qu’elle veut et elle sait très bien me communiquer quand elle en a assez", précise-t-elle.

Des déguisements parfois problématiques

Les vidéos d’animaux déguisés ou participant à des activités inhabituelles peuvent sembler amusantes ou impressionnantes. Elles soulèvent néanmoins des questions concernant leur sécurité et leur bien-être.

"Les comportements qui nous questionnent sont les déguisements susceptibles de mettre l’animal en difficulté dans ses mouvements, sa communication ou sa régulation thermique", explique Nicolas Roeschli, chargé de campagnes à la Fondation Quatre Pattes.

L’organisation s’inquiète également des contenus dans lesquels un animal est placé dans une situation potentiellement dangereuse, notamment lorsqu’il accompagne son propriétaire dans la pratique d’un sport extrême.

Observer les signaux de l’animal

Étudiante en médecine vétérinaire, Mathilde Wyss publie également des images de ses animaux. Elle privilégie les scènes spontanées de la vie quotidienne, qui constituent aussi pour elle des souvenirs. Il lui est aussi arrivé de déguiser ses chiens, mais jamais de manière extrême, assure-t-elle. Elle renonce dès qu’elle constate que l’animal ne veut pas participer. "Je ne force pas. J’ai envie de visibilité, mais je préfère avoir moins d’abonnés et des abonnés de qualité", souligne l’étudiante.

Les organisations de protection animale appellent les propriétaires à une prise de conscience et à s’interroger sur les conditions dans lesquelles ces contenus sont produits afin de placer systématiquement le bien-être de l’animal au premier plan.

Fabienne Pambianco Carella