Primes maladie : Maillard veut un référendum dès 3% de hausse
Au Parlement, Pierre-Yves Maillard met sur la table une proposition choc: faire voter le peuple sur les primes maladie lorsque la hausse annuelle dépasse 3%.
L'Etat veut augmenter les impôts? Une votation est organisée. Une hausse de la TVA? Le peuple doit aussi être consulté. Ce régime doit aussi être appliqué à l'assurance maladie, selon le conseiller aux Etats socialiste.
Il s'agit certes d'une assurance, mais elle est obligatoire et pèse chaque année un peu plus sur le budget, sans que les ménages aient leur mot à dire.
Concrètement, le Vaudois propose que toute hausse de primes annuelle dépassant 3% soit soumise au référendum facultatif. Autrement dit, une fois 50'000 signatures récoltées, un scrutin populaire doit être organisé. Un scénario qui aurait pu se réaliser cet automne, puisque la hausse annoncée de la facture en 2027 est de 5% en moyenne.
Selon l'élu, le recours aux urnes pourrait faire office d'électrochoc salutaire: "Si le peuple dit que ça suffit, que la coupe est pleine, cela forcera les partenaires tarifaires à arrêter avec les tarifs excessifs […] et devrait avoir un effet modérateur sur les coûts", estime Pierre-Yves Maillard.
Une cacophonie à venir?
Au centre droit, ce remède de cheval pour soigner la LAMal laisse sceptique. "Si le peuple refuse une augmentation des primes, il doit aussi refuser une augmentation des coûts de la santé et donc de réduire les prestations", affirme le conseiller national centriste Benjamin Roduit.
Dans ce cas de figure, comment le peuple définira-t-il quelles prestations doivent être réduites, annulées ou améliorées? "Cela ira vraiment dans tous les sens. Les avis seraient tellement contradictoires qu'on arriverait à une situation de blocage", anticipe le Valaisan, membre de la commission de la santé du Conseil national.
Pour que le peuple ait son mot à dire, une majorité du Parlement doit au préalable accepter l'idée de l'ancien conseiller d'Etat vaudois. Le débat pourrait avoir lieu au Conseil des Etats en décembre prochain.
Sujet radio: Céline Fontannaz
Adaptation web: Antoine Michel