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Paris Brunner a égalisé pour Monaco à Strasbourg d'une frappe magnifique frappe instantanée. (A. Utz/L'Équipe)

Paris Brunner a égalisé pour Monaco à Strasbourg d'une frappe magnifique frappe instantanée. (A. Utz/L'Équipe)

En plein milieu de l'avènement de l'intelligence artificielle dans notre société, la Ligue 1 reste un bastion d'humanité de par ses instantanés d'authenticité.

Cette semaine, vous avez sans doute entendu parler de Jacob Coxon. C'est ce chercheur en intelligence artificielle qui a démissionné d'Anthropic comme il l'avait fait auparavant d'OpenAI, en expliquant que « les gens qui construisent l'IA croient sincèrement qu'elle pourrait tous nous tuer d'ici à la fin de la décennie ». En cas de prise de pouvoir par les machines, on imagine mal ces dernières, en effet, avoir la moindre pitié pour des créatures capables d'organiser leur propre extinction avec un tel entrain.

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Puisque la fin de l'humanité est peut-être imminente, l'heure est venue de regarder notre Ligue 1 avec une autre perspective. Quelle serait la place du sport dans un monde d'algorithmes ? Entre deux résolutions de problèmes mathématiques, orchestreraient-ils des parties acharnées avec, dans l'équipe de ChatGPT, Terminator en défense et R2-D2 au milieu ; dans celle de Claude, D.A.R.Y.L. dans le but et Johnny 5 en avant-centre (les quadras fans de SF comprendront) ? À moins que cette petite communauté ne se retrouve dans l'univers des métavers pour quelques joutes virtuelles ?

Qui finirait par l'emporter entre le tir parfait et l'arrêt parfait ?

Chaque match s'apparenterait alors à un haletant combat d'équations et de calculs pour trouver la parabole idéale sur coup franc, pour le plus grand bonheur des spectateurs, c'est-à-dire personne. La seule interrogation, presque philosophique, serait de savoir qui finirait par l'emporter entre le tir parfait et l'arrêt parfait, déterminés sur la base de décennies d'expected goals (oui, les robots auraient piqué les archives d'Opta avant l'IApocalypse).

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Ces divagations nous ramènent au Championnat et à 2026, avec ses défauts, ses déceptions, ses émotions, bref son humanité. Là où il nous est arrivé hier de railler tel contrôle approximatif ou telle passe ratée, on promet de mieux profiter demain de ces instantanés d'authenticité. C'est même un des principes du sport d'accepter la médiocrité pour glorifier l'effort, le dépassement de soi, la progression.

Une de ses fascinations de ne pouvoir prévoir où et quand va jaillir la lumière, à la 72e minute d'un Strasbourg-Monaco par exemple. Une de ses plus douces offrandes de finir par se laisser conquérir par ceux qui ont connu la honte et la désolation, le PSG ne dira pas le contraire. À l'inverse, la situation en L1 du double champion d'Europe, deux points en trois matches, rappelle que rien n'est jamais acquis dans le football. Et que tous les modèles prédictifs n'empêchent pas la réalité d'avoir le dernier mot. Enfin, pour le moment.

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