Le projet d'Elicio visant à implanter cinq éoliennes à Molenbaix ayant été recalé, la société est partie en recours devant le Conseil d'Etat, dont la réponse est toujours attendue.

Sauf que dans l'intervalle, Elicio a rentré un projet revu à la baisse avec trois éoliennes qui a été présenté lors d'une réunion publique d'information à laquelle plus de 75 personnes ont assisté.

De quoi est-il question dans ce projet éolien baptisé Celles 2.0 ?

Attention au busard

"Il s'agit d'une demande de permis unique, à la fois d'urbanisme et d'environnement, souligne Marie Descamps, représentante d'Elicio. Le projet se trouve dans la même zone que le projet précédent. Les deux éoliennes qui ont été retirées ont été abandonnées car si le projet initial a été refusé, c'est pour plusieurs raisons, dont la présence du busard des roseaux qui niche à cet endroit. Le DNF nous avait dit que le projet n'était pas acceptable. Une des solutions était de retirer les deux éoliennes et dans cette zone, de prévoir des aménagements spécifiques pour protéger cette espèce."

Les éoliennes du premier projet pointaient à 180 mètres, les trois présentées dans le cadre du deuxième projet font 200 mètres de haut. "Quand la pale est à la verticale, précise Marie Descamps. Nous avons moins d'éoliennes, donc nous essayons d'optimiser le potentiel de la zone, soit 20 % productible en plus en montant à 200 mètres. Ça représente 45 000 MW/H par an, ça correspond à la consommation de 13 000 ménages et à environ 22 000 tonnes de CO2 évitées par an. Dans la zone visée, il y a de nombreuses maisons isolées. La distance à respecter par rapport à elles est de 400 mètres et de 600 mètres par rapport aux zones d'habitat."

Les riverains ont pu poser toutes leurs questions. "La séance s'est déroulée dans un climat constructif, même si tout le monde n'est évidemment pas en faveur du projet", relève Marie Descamps.

"Celles a déjà donné"

En fin de séance, le bourgmestre, Michaël Busine, s'est exprimé lui aussi. "La position de la commune est claire : nous maintenons notre opposition à ce projet. Elle ne portait pas uniquement sur le nombre de machines. Elle porte sur le choix du site, la protection de notre paysage rural, la biodiversité et le cadre de vie. Passer de cinq à trois éoliennes ne rend pas ce projet plus digeste, que ce soit en termes d'impacts paysagers, de protection du busard des roseaux, des effets cumulés et de l'encerclement."

De plus, avance le bourgmestre, la chaussée de Renaix n'est pas un axe structurant justifiant cette implantation. "Sa présence ne transforme pas notre campagne en site approprié pour un parc éolien. Ce dossier s'ajoute à une succession de projets sur notre territoire. Il y a un ras-le-bol. Celles a déjà pris sa part de l'effort. Notre contribution est concrète : des éoliennes sont déjà présentes et notre territoire produit de l'électricité renouvelable. Lors de la RIP de janvier présentée par le promoteur ENECO, la présentation indiquait elle-même qu'en 2024, la production locale éolienne et photovoltaïque couvrait les besoins électriques de Celles. Notre territoire ne peut pas être considéré comme une réserve disponible pour chaque nouveau promoteur."

Le précédent permis a été refusé par l'administration puis par le ministre. "Nous défendons ce refus devant le Conseil d'État et nous continuerons à faire valoir nos arguments dans cette nouvelle procédure", a ajouté le bourgmestre.

Toute personne pourra, jusqu'au 22 octobre, émettre ses observations, suggestions et présenter des alternatives techniques qui peuvent potentiellement être prises en considération par le porteur du projet, afin qu'il en soit tenu compte lors de la réalisation de l'étude d'incidences.

Il faudra les adresser par écrit au Collège communal de Celles, rue Parfait 14 à 7760 Celles ou via [email protected] en y indiquant nom et adresse avec copie à Elicio, à l'attention de Marie Descamps à l'adresse John Cordierlaan 9, 8400 Ostende ou par mail sur [email protected]

Après l'étude d'incidences suivront la demande de permis (début 2027), l'enquête publique d'une durée de 30 jours et l'avis des instances.

La réunion a attiré entre 75 et 100 personnes.
La réunion a attiré entre 75 et 100 personnes. ©Devaux

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