Le théâtre Anthéa perd 700.000 euros de subvention : le coup de gueule du maire d’Antibes Jean Leonetti
Lors du conseil municipal d’Antibes, le maire Jean Leonetti a adressé un coup de gueule poli mais ferme aux services de l’État. La raison ? La fin d’une subvention apportée au théâtre Anthéa en lien avec le Casino La Siesta dans le cadre des manifestations artistiques de qualité (MAQ) et valable depuis 13 ans.
-
Copier le lien
-
Mail
-
X
-
Facebook
-
Linkedin
-
Whatsapp
Nouveauté
M.F
Mathieu Faure
Créé le 10 octobre 2026 • 13:06
Mis à jour le 10 octobre 2026 • 13:06
Dylan Meiffret
Dans le grand échiquier administratif et fiscal français, les casinos sont soumis à un prélèvement de l’État sur le produit brut des jeux. Mais il leur est possible de réduire le montant de ce prélèvement lorsqu’ils organisent ou soutiennent des spectacles et manifestations artistiques de qualité (MAQ). Cela donne droit à un crédit d’impôt (CIMAQ), et c’est ce lien qui unissait depuis 13 ans le casino antibois La Siesta et le théâtre Anthéa via une subvention municipale s’élevant à près de 700 000 euros. Chacun y trouvait son compte : le casino était éligible à un crédit d’impôt, le théâtre pouvait enrichir son offre culturelle et la municipalité voyait son action culturelle renforcée.
Un dispositif qui, en juin dernier, a été mis à mal par une décision soudaine de la DDFIP (Direction départementale des finances publiques), au motif que le casino antibois était présenté comme cofinanceur et non comme co-organisateur. Une décision qui a particulièrement irrité Jean Leonetti. Le premier magistrat d’Antibes a tenu à le faire savoir lors du conseil municipal du vendredi 9 octobre 2026, à l’occasion d’une délibération rapportée par Audouin Rambaud, adjoint au tourisme.
« Voilà 13 ans que le casino peut déduire des sommes en soutenant une activité culturelle et cela fait autant d’années que cela fonctionne avec Anthéa, a déclaré, ferme et déterminé, Jean Leonetti. 700 000 euros sont versés à Anthéa pour faire de La Siesta un partenaire. Les conventions ont été signées et elles sont même passées par le contrôle des services de l’État. » Autrement dit, le procédé avait été conseillé et validé.
Puis, en juin dernier, tout a été remis à plat, sans discussion préalable ni explication : « Les salariés de l’État ont décidé de faire une enquête approfondie et ils ont constaté que, alors que la loi évoque une co-organisation entre les casinos et les organismes qui abritent des manifestations artistiques, nous avons écrit qu’il y avait un cofinancement. Considérant sur le plan administratif qu’il s’agit d’un cofinancement et non d’une co-organisation, ils ont rayé les 700 000 euros de subventions. Je le dis avec sérénité : ça ne se fait pas. »
"C’est la première fois que j’ai l’impression que les services de l’État ne sont pas dans la même organisation, dans la même volonté de faire triompher l’intérêt général"
Devant une assemblée attentive, Jean Leonetti ne comprend pas comment un dispositif validé pendant 13 ans peut être remis en question de la sorte : « Je pense que c’est une manœuvre qui montre que les préfets et les services de l’État ne sont pas aux côtés des maires, mais en face d’eux. » Les mots sont lâchés. « Le message est clair : tant que nous serons dans cette configuration avec Anthéa et La Siesta, ils ne valideront plus le principe de manifestation artistique de qualité », poursuit l’ancien ministre, affirmant que ce cas d’espèce antibois est unique en France.
Pour autant, personne ne s’avoue vaincu. « Dans cette vision tatillonne, on va essayer d’avoir à la fois la ceinture et les bretelles pour éviter d’être en déficit brutal en l’absence de ces 700 000 euros, tout en se mettant en situation de proposer des manifestations artistiques. »
Il faut donc trouver d’autres moyens d’avancer. Cela pourrait passer, par exemple, par le fléchage des subventions vers d’autres récipiendaires qu’Anthéa, comme le Brass Band ou les Nuits Carrées, qui pourraient être coorganisés avec La Siesta. Anthéa, de son côté, pourrait renoncer à produire certaines œuvres sans mettre en péril la qualité de leur programmation ou leur équilibre financier. « On est dans une situation compliquée, assez irritante », a conclu le maire, évoquant même sa « déception » : « C’est la première fois que j’ai l’impression que les services de l’État ne sont pas dans la même démarche, dans la même volonté de faire triompher l’intérêt général. »
-
Copier le lien
-
Mail
-
X
-
Facebook
-
Linkedin
-
Whatsapp
Nouveauté
Vous utilisez un AdBlock ?
Vous pouvez le désactiver pour soutenir la rédaction du groupe Nice-Matin qui travaille tous les jours pour vous délivrer une information de qualité et vous raconter l'actualité de la Côte d'Azur
Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.
Si vous souhaitez conserver votre Adblock vous pouvez regarder une seule publicité vidéo afin de débloquer l'accès au site lors de votre session