Depuis plusieurs années, les grands groupes pharmaceutiques occidentaux ont multiplié les accords de licence pour obtenir des droits de commercialisation sur des médicaments expérimentaux développés en Chine. Une frénésie qui inquiète notamment aux Etats-Unis.  

C'est la dernière annonce en date. Le géant pharmaceutique suisse Roche vient de conclure un accord de licence avec une société de biotechnologie chinoise. Un accord à plus d'un milliard de dollars qui concerne un médicament expérimental contre l’obésité. Début octobre, le suisse Novartis signait un accord avec la société chinoise Abogene pour une thérapie expérimentale à base d’ARN pour les maladies auto immunes.

En septembre, c'était au tour du groupe suisse Novo de signer un accord de licence pour une pilule expérimentale pour la perte de poids. L'américain Merk pour un médicament novateur contre le cancer. La liste est longue. Si on ne prend que les grands groupes pharmaceutiques américains, 32 accords de licence ont été signés entre janvier et juillet 2026 selon les informations de Bloomberg.

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Des entreprises chinoises qui développent ces médicaments ne concèdent pas tous les droits 

Les entreprises chinoises de biotechnologie conservent souvent leurs droits nationaux et leurs brevets et s'assurent donc de futurs revenus. Elles concèdent en revanche des licences pour que leurs médicaments puissent passer des essais cliniques et être commercialisés en dehors de Chine. En échange, les grands groupes pharmaceutiques eux financent et prennent en charge une partie du développement clinique et ont ainsi accès à des traitements de pointe, à moindre coût.  

L'appétit des grands groupes pharmaceutiques pour ces accords de licence prouve que la Chine n'est plus seulement un grand marché de fabrication de médicaments. Elle est devenue un acteur majeur de la recherche, notamment dans la lutte contre le cancer.

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Une frénésie à l'approche de la « falaise des brevets »

Si les accords se multiplient c'est aussi en raison de l'arrivée à expiration en 2030 de très nombreux brevets protégeant des médicaments. C’est ce qu’on appelle la « falaise des brevets ». Or, certains de ces médicaments génèrent à eux seuls plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaire annuel. C’est le cas de certaines immunothérapies anticancéreuses. Le lancement de génériques, moins chers, va représenter pour ces groupes une perte très importante de chiffre d'affaire.

Mais le rapprochement avec la Chine dans le domaine médical est un sujet politique Un nombre croissant de voix s'élèvent, notamment aux Etats-Unis pour alerter sur les conséquences d'une telle collaboration en matière médicale avec la Chine. Selon eux, l'injection de capitaux et de savoir-faire américains dans les entreprises chinoises pourrait menacer la domination américaine en biotechnologie. Certains parlementaires font donc pression pour ralentir le rythme des investissements.