Éditorial. Une loi destinée à simplifier l’installation des bistrots dans les bourgades vient d’être adoptée par le Sénat. Une solution à la crise ?

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Par Carole Lardot

Directrice adjointe des rédactions

Publié: 23 octobre 2026 à 21h46

Temps de lecture: 2 min

On les appelle les troquets, les rades, les mastroquets, les estaminets, les bouis-bouis. La langue populaire et l’argot regorgent de mots savoureux pour désigner nos bistrots. Un vocabulaire riche, généreux qui montre notre attachement à ces lieux modestes et conviviaux. Les bistrots disposent indéniablement d’une place particulière dans le cœur, mais surtout dans la vie des Français. La sénatrice marnaise Anne-Sophie Romagny n’y est pas insensible. Elle était rapporteure d’une proposition de loi, adoptée il y a peu, visant à faciliter l’ouverture de débits de boissons dans les communes rurales de moins de 3 500 habitants en assouplissant l’attribution des licences IV.

Le constat est terrible. La France a perdu 80 % de ses bistrots depuis 1960. Il n’en reste plus que 35 000. Après les déserts médicaux, les déserts des bistrots. Il ne s’agit évidemment pas d’encourager à la consommation d’alcool, même au pays du champagne, mais bien de défendre ces lieux où les gens se parlent et rompent parfois la solitude et l’isolement. Un bistrot, c’est de la vie, de l’animation au coin de la rue. Un endroit où les gens se retrouvent pour manger un bout ou tailler la bavette avec les copains ou de simples inconnus, accoudés au zinc. Le journal n’est jamais très loin, il se feuillette, il se lit et surtout il se commente.

Les bistrots et les cafés français pourraient bientôt avoir leur place au patrimoine immatériel de l’Unesco. C’est dire combien ils sont menacés. La France a vu 165 000 bistrots baisser le rideau en un peu plus d’un demi-siècle. Aujourd’hui 62 % des communes ne disposent plus d’aucun commerce. C’est peut-être un peu pour cela, après tout, qu’elle va si mal en ce moment.

Les bistrots sauveront-ils la France de sa crise ? Probablement pas. Mais ces lieux d’échanges, de rencontres et de discussions peuvent au moins contribuer à la réconcilier. Une idée peut-être moins farfelue qu’il n’y paraît.

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