Les dirigeants du G7 ont exhorté les Houthis du Yémen à cesser leurs frappes contre l'Arabie saoudite, alors que ce mouvement soutenu par Téhéran continue de menacer le territoire saoudien et ses exportations de pétrole.

"Nous appelons les Houthis à cesser immédiatement toute action militaire ainsi que toutes les menaces et attaques contre la navigation civile, et à revenir de bonne foi au processus politique", ont déclaré le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis, dans un communiqué commun.

"Leurs actes répréhensibles constituent une dangereuse trajectoire d'escalade qui risque d'exacerber encore le conflit, de porter atteinte au commerce international et de créer de l'instabilité économique à l'échelle mondiale", est-il précisé. Le G7 a également affirmé "la nécessité absolue de garantir une sûreté et une sécurité maritimes permanentes, ainsi que les droits et libertés de navigation dans le monde entier".

Le Premier ministre britannique Andy Burnham a dit avoir accepté de fournir un soutien militaire à l'Arabie saoudite, en précisant que le Royaume-Uni assurerait un ravitaillement air-air "défensif" pour les avions saoudiens. Il a indiqué qu'il agissait pour "sécuriser les intérêts de la Grande-Bretagne et de la région".

De son côté, la France a également promis son soutien, affirmant qu'elle était prête à travailler à la "sécurisation" des infrastructures énergétiques saoudiennes visées par les Houthis, tout en adoptant une "approche strictement défensive", a indiqué une source diplomatique à l'AFP. "Cela n'implique en aucun cas de prendre part au conflit avec les Houthis", a ajouté la même source.

Le G7 a également appelé l'Iran "à mettre fin à son armement et à son soutien aux Houthis", en accusant Téhéran de violer de précédentes résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU.

Les échanges de tirs se poursuivent

La guerre au Yémen, qui a débuté en 2014 avec la prise de la capitale Sanaa par les Houthis, était en grande partie gelée depuis 2022. Mais elle a repris en juillet, lorsque les Houthis et l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement reconnu par la communauté internationale depuis 2015, ont recommencé à échanger des tirs.

L'offensive des Houthis sur la côte yéménite de la mer Rouge a entraîné leur prise du détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime clé pour le trafic mondial, avec le détroit d'Ormuz dans le golfe Persique.

Les Houthis ont mené des attaques contre des installations appartenant au géant pétrolier saoudien Aramco dans le port de Yanbu, sur la mer Rouge.

L'oléoduc Est-Ouest, un axe crucial d'exportation de brut, a également été fermé à la suite de frappes de drones lancées depuis l'Irak, selon Riyad.

Des frappes saoudiennes sur le port stratégique yéménite de Mokha, sur la mer Rouge, ont fait au moins six morts et huit blessés, a rapporté, ce mardi, l'agence de presse SABA, liée aux Houthis. Ces frappes ont suivi une attaque des Houthis contre Riyad samedi, la première contre la capitale saoudienne depuis des années et une escalade majeure de la part de ces combattants alliés à l'Iran.

Le chef du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, Rashad al-Alimi, a eu un entretien téléphonique avec le président américain Donald Trump pour demander un soutien des États-Unis contre les Houthis, a indiqué lundi une source au sein du bureau d'Alimi. Le président états-unien n'a pas promis de soutien militaire, a précisé la source, en ajoutant que cet appel, qui s'est tenu dimanche, visait avant tout à afficher la solidarité avec le gouvernement yéménite en difficulté.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a également exhorté à plusieurs reprises Donald Trump à frapper les Houthis, selon des médias américains. Le républicain a déclaré à la chaîne Fox News, dimanche, que les Houthis avaient accepté de ne pas viser de cibles américaines.

Les Houthis interpellent les alliés de l'Arabie saoudite

Les Houthis, mouvement officiellement appelé Ansar Allah, portent le nom de son défunt leader spirituel Badreddin al-Houthi et de son fils Hussein, tué par les forces gouvernementales yéménites en 2004.

L'autre fils d'al-Houthi, Abdelmalik, a pris les rênes du mouvement, multipliant les discours enflammés et transformant son groupe, passé du statut de faction isolée dans le nord-ouest à celui de pouvoir dominant dans la capitale et d'acteur régional.

Dans l'un de ces discours, lundi, Abdelmalik al-Houthis a affirmé que l'Arabie saoudite avait mené 760 frappes aériennes à la date de la veille. "Si le Pakistan et la Turquie subissaient un tel nombre de frappes, cela ne provoquerait-il pas une crise majeure ?", s'est-il alors demandé.

Il a accusé l'Arabie saoudite de chercher à "pousser les Turcs et les Pakistanais en première ligne et à importer des takfiris [accusation d'apostasie] depuis la Syrie, à un moment où la Syrie fait face à une destruction totale". Il a conseillé aux deux pays "de ne pas se laisser entraîner pour des gains politiques et financiers offerts par l'ennemi saoudien".

Le mois dernier, le Pakistan, l'Arabie saoudite et la Turquie ont signé ce qu'ils ont appelé l'accord de défense conjoint de La Mecque, qui engage les trois pays à se défendre mutuellement si l'un d'eux est attaqué.