Les gens du voyage installés à Nandrin débarquent à Modave : "C'est la première fois à cet endroit, à Strée"
Depuis ce dimanche 26 juillet 2026, les gens du voyage ont posé une trentaine de caravanes sur l'ancien terrain B de foot de Strée, désormais devenu privé, rue Bois Rosine. Ils se sont installés sans autorisation après avoir séjourné 15 jours à Nandrin, sur le site du Péry (voir ci-dessous).
Avertie, l'échevine Magali De Meyer (bourgmestre faisant fonction en l'absence de Bruno Dal Molin, en congé), s'est immédiatement rendue sur place, accompagnée de deux policiers de la zone du Condroz. "Au vu des réactions lues sur les réseaux sociaux, je tiens à préciser d'emblée que ni le propriétaire privé ni la Commune n'ont autorisé leur arrivée. C'est une installation sauvage. Une expulsion n'est pas envisageable car la procédure, qui doit passer par un juge de paix, prend minimum 15 jours. On privilégie donc la négociation et la confiance. Ces familles ont quitté Nandrin en respectant leurs engagements et sans avoir causé de souci. Ils ont montré leur bonne volonté."
L'évacuation des déchets par un conteneur, à leur frais
Les gens du voyage annoncent rester à Strée 15 jours et s'engagent à partir le dimanche 9 août. Dès dimanche, la Commune et la police locale ont négocié avec eux pour organiser au mieux leur présence sur le site, notamment en ce qui concerne le respect de la tranquillité du voisinage et la propreté du terrain et de ses abords.
"Un conteneur doit arriver à 17h ce lundi pour la collecte des déchets, à leur frais, détaille l'échevine. Ils doivent encore s'arranger avec la CILE pour disposer d'un col-de-cygne les raccordant à l'eau, ils payeront leurs consommations. Pour l'électricité, ils disposent de leur propre alimentation électrique, grâce à des panneaux solaires, mais ils prennent quand même contact avec RESA pour disposer d'une chapelle. Là aussi, ce sera à leur frais. Je rappelle que la Commune ne perçoit aucune recette liée à ce séjour et ne supporte aucuns frais relatifs à l'approvisionnement en eau ou à la collecte des déchets. La collectivité ne devrait rien payer s'ils s'exécutent."
Des patrouilles de police
La police locale a prévu d'effectuer plusieurs patrouilles pour s'assurer de la bonne cohabitation avec le voisinage et du respect des engagements.
C'est la première fois que ce terrain est occupé par les gens du voyage. "Il n'était pas grillagé, ils sont donc entrés sans dégradation", précise encore l'échevine qui signale également que "la Commune restera attentive au bon déroulement de ce séjour, maintiendra le dialogue avec les occupants ainsi qu'avec les services concernés et invite chacun au respect, refusant les propos haineux".
À Nandrin, "ils sont partis et ont respecté leurs engagements"
Christophe Ovidio, bourgmestre de Nandrin, confirme que le séjour de ces familles itinérantes sur le site du Péry s'est déroulé sans débordement et dans le respect des engagements. "Ils sont partis dans les délais, ont payé leur consommation, ont rendu un site propre et en ordre, ont évacué leurs déchets à leurs frais…" Aucun incident avéré n'a été déploré durant les 15 jours d'occupation. Aucune plainte n'a été déposée. "Ils ont été corrects."
Le mayeur souffle car il en aura passé des heures pour gérer ce dossier. "Sans doute le plus difficile depuis que je suis bourgmestre de Nandrin (NDLR : octobre 2024). J'ai reçu plus de 500 SMS, des centaines d'appels et de mails, de citoyens inquiets, en colère… Sans compter les rumeurs qui circulaient. Beaucoup m'ont parlé de fermeté. Pour moi, la fermeté ne consiste pas à crier plus fort. Elle consiste à fixer des règles claires… et à les faire respecter. Ici, il y a eu un respect mutuel."
Le site du Péry a régulièrement été prisé par les gens du voyage. En 2018, des itinérants avaient forcé le cadenas de la barrière pour s'installer de force. Afin d'éviter de nouvelles occupations sauvages, la Commune avait fait creuser des tranchées. "Mais au fil du temps, celles-ci ne sont plus efficaces, reconnaît Christophe Ovidio, et ici, ils ont réussi à les traverser, sans occasionner de dégâts." La Commune va à présent réfléchir à installer un dispositif structurel pour éviter toute nouvelle occupation sauvage.
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