Où sont passés les vacanciers ? Aux quatre coins de la France, on s'interroge. De la côte héraultaise au littoral vendéen, en passant par la Bretagne, les professionnels du tourisme se sentent bien seuls.

Même en Corse, on s'est rarement senti autant isolé. Sur l'Île de Beauté, les vacanciers se font

aussi rares que les climatiseurs dans les rayons. France 3 Régions s’est rendu au chevet des commerçants inquiets du Cap Corse, à Macinaggio et Centuri

En Corse, les aoûtiens se font toujours attendre

Isabelle Murzilli, présidente du club nautique de Macinaggio, a toutes les peines du monde à trouver du monde à mettre dans ses bateaux. "Sur la plage, 80 % des gens sont des locaux. Il n'y a pas de touristes ! Ou alors, je ne sais pas où ils sont", relate celle dont les kayaks restent dans leur rack.

Si son constat est si amer, c'est qu'elle n'attend même plus l'arrivée providentielle des aoûtiens. "On est le 2 août, la plage est déserte, le parking est vide. On nous dit que les touristes vont arriver, mais on ne sait pas quand... Pour nous, le mois de juillet a été catastrophique", déplore Isabelle Murzilli.

Macinaggio en Corse © shutterstock

Au bout du Cap Corse, à Macinaggio et Centuri, les commerçants commencent à s'inquiéter sérieusement pour leur saison, après un mois de juillet catastrophique.

Les vacanciers dépensent moins qu'avant

Du côté du Cap, à Centuri, port de pêche généralement pris d'assaut par les estivants, on constate aussi la disparition du chaland. Les serveurs font les cent pas entre des terrasses presque vides, en attendant un coup de feu qui n'arrive jamais. "Je m'attendais à plus de monde, à des difficultés pour se garer, à trouver une place au restaurant... Pour nous, c'est assez agréable", sourit une mère de famille attablée avec son époux et ses deux enfants.

L'été dernier, les restaurateurs avaient également du mal à faire des couverts, mais les additions étaient plus élevées. "La saison n'était pas exceptionnelle, mais les clients consommaient encore de l'entrée au dessert. Cette année, on voit bien que le budget est plus restreint : pas d'apéritif, pas de boisson à table...", se souvient Sandrine Sker, responsable de salle à l'Auberge du Pêcheur. Fernand Sker, gérant de chambres d’hôtes, ajoute : "Les gens préfèrent acheter des sandwichs à l'épicerie et manger dans leur chambre. Je le vois bien quand je vide les poubelles."

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Faute de budget vacances extensible, les touristes préfèrent cuisiner plutôt que d'aller au restaurant.

Un budget vacances sous pression

Le constat est posé. Reste à en identifier les causes. Pour Antonia Mellio, conseillère municipale, les touristes n'ont tout simplement plus les moyens de séjourner sur l'île. "Il faut se tourner du côté des transporteurs, c'est là que le bât blesse. Vous imaginez les gens qui viennent du continent, notamment de la région parisienne ? Ils doivent payer l'autoroute, puis l'avion ou le bateau... Alors forcément, tout cela se répercute sur les restaurants et les hôtels", explique-t-elle.

Pour l'heure, impossible de mesurer à quel point la conjoncture économique, marquée par la hausse des carburants, pèse sur le secteur touristique de la région. Il faudra attendre, a minima, la fin de la saison pour dresser un bilan complet.