Les mouvements étudiants ont presque toujours obtenu quelque chose dans le passé, mais aujourd’hui, « il y a une forme de gel politique »
Publié le 08 octobre à 20h43
Ajoutez-nous à vos favoris Google De 1994 à 2024, les gouvernements ont souvent dû revoir leur copie face aux grognes dans l’enseignement. Selon un sociologue, la contestation actuelle s’inscrit toutefois dans un contexte politique plus figé qui pourrait accroître encore la colère des jeunes.Ce n’est pas la première mobilisation des étudiants contre des réformes de l’enseignement. Il y a une trentaine d’années, des étudiants et des professeurs étaient déjà descendus dans les rues pour contester les changements annoncés par les gouvernements de l’époque. Ces manifestations avaient-elles eu des effets concrets ? Laura van Lerberghe et Xavier Gérard ont tenté de répondre à ces questions dans le RTL info 19h.
1994, 1996, 2010, 2024 : quelques avancées obtenues
En 1994, des étudiants étaient descendus par milliers dans les rues contre le décret Lebrun. 113 établissements non-universitaires devaient être regroupés en 26 grandes écoles. 25 000 manifestants puis 30 000, la mobilisation prend de l’ampleur et pousse le gouvernement à revoir sa méthode en ouvrant davantage la concertation.
En 1996, nouveau mouvement de colère. Le décret Onkelinkx prévoit 3000 suppressions de postes dans le secondaire. Pendant plusieurs mois, les cortèges se succèdent. « Les mobilisations sont d’abord des mobilisations des enseignants face à des coupes budgétaires », note Christian Maroy, professeur de sociologie de l’éducation à l’UCL. « Les étudiants sont, dans certaines écoles, avec les enseignants à la sortie de l’école, mais c’est relativement marginal, ou en tout cas ce n’est pas central dans le mouvement. » Le décret est maintenu, mais le refinancement de l’enseignement s’impose dans le débat politique.
En 2010, les étudiants réclament justement plus de moyens et dénoncent la hausse du coût des études. Le minerval est finalement plafonné.
En 2024, nouveau bras de fer autour du décret paysage. Face aux manifestations, des mesures transitoires sont adoptées.
Mais la mobilisation d’aujourd’hui est, selon ce sociologue, différente. « Les élèves deviennent acteurs d’une protestation, ça c’est relativement nouveau. Ils ne s’opposent pas, au contraire, ils soutiennent plutôt les mouvements de leurs enseignants. Mais il y a une forme d’autonomie. »
« À l’époque, il y avait des problèmes budgétaires, donc ça, ça n’a pas changé. Mais maintenant, ce qui paraît aussi, c’est qu’il y a une forme de gel politique, si je puis dire. » Un gel politique qui, selon ce sociologue, pourrait accroître la colère des jeunes.
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