Le maire de Roquebrune-Cap-Martin a lancé un appel à l’aide. En conseil communautaire, jeudi 30 juillet 2026, Patrick Cesari a demandé aux maires et à la présidente de l’agglomération de la Riviera française d’être solidaires face aux perturbations sur la ligne TER.

Une situation qui impacte aussi bien les usagers du train que le principal hôpital de l’est des Alpes-Maritimes, La Palmosa.

Un train sur deux pendant trois mois

« L’accident qui s’est produit à Roquebrune a conduit la SNCF à mener des travaux d’urgence qui vont durer trois mois, pose Patrick Cesari d’une voix grave. Pendant trois mois, un train sur deux ne s’arrêtera plus dans nos gares : ni à Cabbé, ni à Carnolès. Les personnes qui continuent de prendre le train – et elles sont nombreuses, des milliers – sont obligées d’aller jusqu’à Menton et d’en revenir. Je souhaite que la SNCF accepte de faire profiter d’une gratuité sur le trajet Menton-Roquebrune, le temps des travaux. »

La présidente de la Carf, Alexandra Masson opine et enfonce le clou. Pour l’élue Rassemblement national, cette ligne est une « catastrophe totale ». « On a régulièrement des travaux, des éboulements, des arrêts, liste-t-elle. Or, aujourd’hui, c’est l’axe principal en dehors de la voiture pour pouvoir aller d’est en ouest du département. Et il est extrêmement fréquenté. »

Également conseillère régionale de Paca, elle affirme s’être, à plusieurs reprises, « pris violemment le bec » avec le président Renaud Muselier (Renaissance). Un adversaire politique qu’elle considère comme « un ultra-ferroviaire et qui ne veut pas voir que la réalité de notre territoire, ce n’est pas celle de la ligne Marseille-Avignon ».

Une navette gratuite envisagée

Parenthèse fermée, Alexandra Masson annonce que si « nous n’avons pas gain de cause rapidement », l’agglomération prendra à sa charge la mise en place d’une navette gratuite par le réseau de bus Zest. Une solution temporaire « pour tous nos travailleurs qui se rendent, entre autres, à Monaco ».

De son côté, la SNCF a indiqué travailler à une refonte des horaires de la ligne Les Arcs-Vintimille, le temps que la situation revienne à la normale. Depuis le 27 juillet, elle expérimente plusieurs scénarios de circulation destinés à maintenir la desserte des gares de Roquebrune-Cap-Martin et de Carnolès malgré les contraintes techniques liées aux travaux.

« Généralement, quand la SNCF revoit ses horaires, elle dégrade ses services », grince Guillaume Contesse, élu d’opposition RN à Roquebrune. Sur ce point, Patrick Cesari rassure : « le cadencement qui a été augmenté en 2025 restera le même ». À la fin des travaux, les gares de Roquebrune-Cap-Martin devraient retrouver leurs 60 arrêts par jour.

Le projet de métro ressurgit

À l’Assemblée nationale comme à la Carf, Alexandra Masson a toujours défendu le projet de métro Nice, Monaco, Menton et Vintimille. Ces nouvelles perturbations ferroviaires lui permettent de réaffirmer ses positions et appeler la France, Monaco et l’Italie à relancer des discussions autour de ce « projet structurant ».

« Quoiqu’on fasse, quoiqu’on dise nous n’aurons jamais ici la ligne TGV, assure-t-elle. Nous n’aurons jamais, comme le souhaitent le président de la Région et le ministre des Transports, des rames toutes les six minutes, de manière régulière et sans interruption. On le voit bien : en pratique, c’est totalement impossible. »

La présidente de la Carf en est convaincue : « C’est le seul mode de transport résilient, sans expropriation, qui nous permettra d’avoir une continuité dans le transport. C’est huit ans de travaux sur le papier. À titre personnel, je continuerai à me battre pour ce projet. »