Les Solidarités lâchent les chevaux : Fanny Gillard, Josy and the pony, ruent dans les brancards et n'ont pas peur d'être destroy
Vendredi 17h, ça sent la campagne sur la plaine des Solidarités, le poney même. La soirée s'annonce rock'n'roll. 'n'horses aussi. Quatre musiciens à tête de cheval débarquent sur scène, la garde rapprochée de Fanny Gillard. Après une matinée sur l'antenne de Classic 21, la folie prend le pouvoir, le groupe défouraille, le public défourage. Au trot, puis au galop, dans un univers aussi musclé qu'humoristique.
À l'aveugle
Pourquoi des canassons ? L'Assessoise Fanny Gillard, arrivée dans le band en 2021, croit "qu'à la base, les quatre mecs, andennais cherchaient un concept, tout simplement. Ils imaginaient s'appeler Pony Man. Puis, il y avait ce truc des punks des 80's avec le costard, la tête de poney. Ça s'est imposé à eux, au fur et à mesure." Le masque, très peu pour la chanteuse. "Ce serait très compliqué pour chanter. Pour eux, c'est hypercompliqué de respirer, de jouer. Ils ne voient rien du tout donc, ils ont appris à jouer à l'aveugle. Quand il fait 38 °C, ils enlèvent le masque. Aujourd'hui, j'avais dit, les gars, Les Solidarités, il ne faut pas déconner, il faut le garder tout le concert. Je crois qu'ils y sont arrivés."

Cela dit, les équidés peuvent s'hydrater. "Ça, oui ! Ils ont tous troué la gueule qui, normalement, est pleine de mousse. Comme ça, ils peuvent boire ! C'est comme les slips kangourous, il faut faciliter certains mouvements naturels."
Au fil des chansons, on chevauche le champ lexical équestre. Avec des limites. "Le champ lexical des poneys, des fois, c'était trop pour moi, c'était trop poney. Je voulais autre chose. Mais je les ai parfois emmenés trop loin, donc nous avons trouvé un compromis. C'est pour ça qu'il y a des chansons comme L'île de la tentation, des trucs en allemand…"
Schnell, Paarde !
L'allemand ? "J'aime beaucoup la culture germanique, l'architecture, la musique électronique, leur façon de penser. Je vais à Berlin, dès que je peux. C'est ma ville de cœur. Ce serait mon rêve d'habiter là. Et puis, je viens de la province du Luxembourg aussi. C'est un peu ma deuxième langue, là où les autres ont l'anglais ou le néerlandais. Tout le monde trouve l'allemand hypermoche, moi, je trouve qu'il y a une énergie dans cette langue. Un mot, paf ! Il y a une intention, il y a quelque chose."

On parle allemand aussi en Suisse. Et, justement, Fanny, a récemment pu enregistrer une sacrée reprise avec le groupe breton Matmatah. "C'est une super histoire. Je suis devenue pote avec le chanteur de Matmatah, Tristan Nihouarn. Je lui faisais écouter des musiques comme ça, des années 80, 70, très électroniques, très dark. Lui n'est pas du tout dans cet univers-là. Jusqu'au jour où je lui ai fait écouter Eisbaer de Grauzone et que je lui ai fait deviner quel chanteur connu l'avait créé avec son groupe Grauzone. Il a fini par trouver Stephan Eicher. Bizarrement, il l'a entendu autrement en l'apprenant." Le temps a cavalé. "Un jour, chez Tristan, à Brest, il avait une démo et m'a demandé si j'avais envie de chanter Eisbaer. Un lendemain de veille, dans un état lamentable, au milieu de son salon, avec un micro et une petite boîte autour de ma tête pour faire comme une box de chant, j'ai chanté ce truc du bout des lèvres. Et c'est cet enregistrement qui est sur l'album de reprises que Matmatah a enregistré ! C'est même ce titre qui leur a donné envie de faire un album de reprises avec des chansons venues de toutes les langues, toutes les époques, toutes les cultures."
![Matmatah & Fanny Gillard - Eisbär [clip officiel] - YouTube thumbnail](https://i.ytimg.com/vi_webp/y_hq3iP0IMI/hqdefault.webp)
Aquaponey
Et sur cet album, L'embardée, il y a un deuxième duo avec Fanny Gillard : Putain, putain d'Arno. "Tristan m'a accompagnée un jour à un événement Classic 21, un rock'n'roll movie day où je devais présenter un documentaire consacré à Arno. Nous sommes restés dans la salle et avons regardé le documentaire ensemble. Tristan m'a dit : 'j'adore ce mec'. Et, des mois plus tard, il m'a dit : je vais reprendre un Arno, comme ça, j'aurai un titre belge aussi." Sur scène, dans un tout autre style, complètement destroy, Josy and the Pony reprend Barbie Girl d'Aqua. "Souvent, on répète, on se dit, ce serait quand même bien d'avoir un titre de reprise pour faire comme tout le monde, comme les vrais groupes. Et on est arrivé avec ce truc-là, l'année où le film Barbie est sorti, on a surfé sur la vague et ça fonctionne bien."

18h, le concert se termine, le public hue la pluie qui commence à s'abattre méchamment. Une dernière photo puis à l'écurie, le temps que ça se calme ! "Le concert n'était peut-être pas parfait, mais j'ai un ami qui m'a dit un truc super mignon : on était parfaitement imparfait, comme toujours, et que ça nous allait bien." Tagada tagada, la soirée à Suarlée s'annonçait hippique, épique avec Skip The Use, OMD, Girls In Hawaii ou encore Faithless dont les attelages se profilaient. Yee-haw.
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