Les solutions des castors face à la sécheresse et aux inondations
Il travaille gratuitement, surtout la nuit, et sans quasiment jamais prendre de pause... Aujourd’hui Mamadou Dembele nous raconte une histoire de Castor…
En Angleterre, son retour est une excellente nouvelle, parce que ses barrages peuvent nous aider face à deux problèmes opposés : les inondations… et les sécheresses.
Comment le même animal peut nous aider quand il y a trop d’eau et quand il n’y en a pas assez ?
Pour comprendre, il faut regarder comment travaille notre petit ingénieur.
Quand un castor s’installe près d’un cours d’eau, il construit des barrages avec des branches, de la boue et des végétaux.
Derrière, l’eau ralentit, s’accumule et s’étale. En gros, le castor transforme progressivement un simple cours d’eau en une immense éponge naturelle.
Quand il pleut énormément, cette éponge retient une partie de l’eau au lieu de la laisser dévaler immédiatement vers les villages situés plus bas.
Des chercheurs de l’université d’Exeter ont étudié pendant dix ans des castors dans le Devon, en Angleterre.
Sur quatre territoires étudiés, les zones humides qu’ils avaient créées stockaient plus de 24 millions de litres d’eau, soit environ 10 piscines olympiques.
Et pendant les fortes pluies, leurs barrages ont permis de réduire en moyenne d’environ 30 % les pics de débit sur ces sites.
D’accord pour les inondations. Mais en période de sécheresse, ça change quoi ?
Eh bien, c’est là que le castor devient encore plus intéressant.
Toute cette eau reste stockée dans les mares, les SOLS et les zones humides, puis est relâchée plus lentement.
Et on vient encore d’en avoir un exemple cet été.
Dans le Somerset, malgré l’un des étés britanniques les plus chauds jamais enregistrés, certaines zones restaurées du domaine de Holnicote sont restées vertes et humides.
Pourquoi ? Parce qu’on y restaure les rivières et les zones humides, et qu’on y a aussi réintroduit… des castors.
Et derrière cette histoire, il y a une idée plus grande.
Pendant longtemps, notre manière de gérer l’eau a consisté à l’évacuer le plus rapidement possible : on a drainé des terres et canalisé les rivières.
Sauf qu’avec le changement climatique, on se retrouve face à un paradoxe : parfois, on a beaucoup trop d’eau… et quelques mois plus tard, on n’en a plus assez.
Alors aujourd’hui, on redécouvre une autre stratégie : au lieu de toujours évacuer l’eau, parfois, il faut la ralentir et lui redonner de la place.
Et les castors font précisément ça depuis des millions d’années.
Donc il suffit de mettre des castors partout et le problème est réglé ?
Malheureusement non ! Ce serait beaucoup trop simple.
Un barrage de castor peut aussi inonder un champ, faire tomber des arbres ou endommager certaines infrastructures. Et leur efficacité dépend énormément du terrain.
Mais le castor fait partie d’une famille de solutions qu’on redécouvre aujourd’hui : les solutions fondées sur la nature.
Plutôt que de répondre systématiquement aux sécheresses et aux inondations avec toujours plus de béton, on peut aussi restaurer des zones humides, planter des arbres… ou laisser certains animaux faire une partie du travail.
Évidemment, les castors ne vont pas régler à eux seuls le changement climatique.
Mais ils nous rappellent quelque chose de simple : parfois, pour mieux nous protéger face aux risques naturels, la meilleure solution est peut-être de recommencer à travailler avec la nature.
A retrouver sur le media The Impact Story