Les tarifs des vols court-courriers en Europe pourraient "augmenter sensiblement": le prix du kérosène flambe à nouveau et contraint Ryanair à réduire ses vols hivernaux pour limiter ses coûts

Publié aujourd'hui à 13h52

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La compagnie à bas coûts a également prévenu que les tarifs des vols court-courriers en Europe "augmenteraient sensiblement" si les prix élevés du pétrole se maintenaient jusqu'à l'été 2027.

La compagnie aérienne irlandaise Ryanair a annoncé mercredi prévoir moins de vols cet hiver en raison des coûts élevés du carburant dus à la guerre au Moyen-Orient, et averti de possibles hausses des prix des billets si la flambée perdurait. L'entreprise trouve "judicieux" de réduire ses besoins en carburant dont le prix n'est pas garanti "pendant la saison hivernale peu rentable", a indiqué Ryanair dans un communiqué.

La première compagnie aérienne européenne en nombre de passagers a, en conséquence, abaissé son objectif de fréquentation pour l'exercice achevé en avril 2027, à 214 millions contre 216 millions initialement prévus. L'entreprise, qui opère principalement en Europe, enregistre généralement des pertes entre novembre et mars, la demande reculant après la haute saison estivale. Elle a indiqué s'attendre à ce que cette "réduction ponctuelle du programme d'hiver" diminue ses pertes hivernales de 70 à 100 millions d'euros.

La compagnie à bas coûts a également prévenu que les tarifs des vols court-courriers en Europe "augmenteraient sensiblement" si les prix élevés du pétrole se maintenaient jusqu'à l'été 2027. Basée à Dublin, la compagnie a précisé que, la majeure partie de son kérosène pour l'exercice en cours étant couverte par contrats à environ 67 dollars le baril, bien en dessous des cours actuels (plus de 90 dollars, NDLR), elle restait en bonne voie pour réaliser des bénéfices en 2026/27. Mais elle estime que le bénéfice net sera inférieur aux 2,17 milliards d'euros enregistrés en 2025/26, alors un record.

Les compagnies à bas-coûts sont les plus exposées

Ce sont les compagnies low cost comme Ryanair qui sont le plus exposées à la volatilité du prix du kérosène, lui-même indexé sur le prix du pétrole (mais pas seulement). Avec des billets moins chers, elles ont moins de marge pour supporter la hausse du coût du carburant. L'ajustement entrepris par les compagnies est plus ou moins fort et immédiat, selon qu'elles ont signé ou non des contrats de couverture pour acheter leur carburant à un prix fixé par avance.

Actuellement, le prix moyen du kérosène aviation en Europe oscille autour de 1.200 à 1.400 dollars la tonne contre 750 dollars la tonne avant le conflit et 1.900 dollars début avril. La hausse du cours du pétrole "brut" n'est qu'une composante de cette flambée. Il faut prendre en compte des éléments de coûts incompressibles qui sont appliqués quelle que soit la situation externe. On parle ici du "coût technique de raffinage" propre au secteur de l'aviation.

Viennent ensuite les coûts additionnels liés à son acheminement, à la devise de facturation et aux politiques de couverture des compagnies (une partie des besoins est achetée en avance par les opérateurs). Enfin, interviennent les coûts conjoncturels : la rareté du produit suite aux tensons géopolitiques, le choc d'approvisionnement dû aux perturbations des flux, notamment le blocage du détroit d'Ormuz qui concentre 24% du transit des exportations de kérosène dans le monde, les restrictions d'export appliquées par certains pays comme la Chine, la baisse des capacités de raffinage et enfin la flambée des coûts de transport avec la hausse à deux chiffres des primes d'assurance.

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