Forêt, plage, centre commercial… Le système autonome multisensoriel, ou SAM, développé par la société InMersiv, permet à des patients de s'immerger dans différents environnements, sans casque ou autre équipement. L'objectif: utiliser ces expériences immersives à des fins thérapeutiques, notamment pour stimuler les souvenirs, favoriser les échanges ou accompagner la rééducation.

Orchestrée par l'intelligence artificielle, la simulation des environnements est précise et à 360°. Des effets sensoriels renforcent l'immersion. Le patient évolue librement dans l'espace. Il peut aussi être accompagné dans l'expérience.

Neuf sites équipés

Le point commun entre ces installations ? "Utiliser la technologie immersive comme un outil au service de l'humain", expliquent Diana Borcescu et Maxime Jacobs, qui ont fondé l'entreprise en 2021. Celle-ci, aujourd'hui basée à Louvain-la-Neuve, a d'ailleurs été présentée dans nos pages en janvier 2024.

Aujourd'hui, SAM est déployé sur neuf sites, en Belgique et en Suisse. Il est utilisé dans des établissements psychiatriques, des cliniques de la mémoire, des services de neurologie, mais aussi dans une maison de repos ou encore un centre pour enfants. SAM sert également à la recherche, comme à l'Université libre de Bruxelles, en sciences de la motricité.

Les fondateurs d'InMersiv veulent maintenant changer de dimension: "L'objectif est d'accélérer la commercialisation de SAM et d'équiper davantage d'hôpitaux et d'établissements de soins, en Belgique comme à l'étranger."

Diana Borcescu est convaincue que ces"technologies immersives auront une vraie place dans la santé de demain. Notre rôle est de démontrer qu'elles peuvent être simples à utiliser et apporter une réelle plus-value aux patients comme aux professionnels."

Des résultats encourageants

Une étude publiée en 2026 dans la revue scientifique Healthcare s'est penchée sur l'utilisation de SAM dans une maison de repos, La Cambre. Plusieurs effets ont été observés. L'article met en évidence les résultats suivants, traduits de l'anglais:"Les séances de réalité virtuelle immersive ont été bien vécues par les participants. Elles ont amélioré leur humeur à court terme et favorisé les échanges et la participation. Les participants ont apprécié le côté agréable et relaxant de l'expérience, ainsi que le réalisme et l'esthétique des environnements. La réalité virtuelle leur a permis de voyager, de se rappeler des souvenirs et des expériences personnelles, et de les partager avec la personne qui les accompagnait."

Une étude de faisabilité menée en 2023 auprès d'enfants présentant un trouble du spectre de l'autisme s'est intéressée à l'utilisation de SAM. Les chercheurs ont observé la tolérance des enfants au dispositif et leur capacité à maintenir une "attention conjointe", c'est-à-dire à partager leur attention entre leur environnement et les personnes qui les accompagnent.

Ces différents résultats restent toutefois à confirmer dans la durée.

Un projet européen

Le déploiement de SAM est soutenu par le projet Forest4Youth, cofinancé à hauteur de 3,3 millions d'euros par l'Union européenne. L'idée du projet est de permettre le développement de thérapies pour les jeunes présentant des troubles mentaux. SAM permet d'immerger ces jeunes dans des environnements forestiers, quand l'accès à la nature est difficile.

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