Les travées de l’ONU se vident au moment où Benjamin Netanyahu prend la parole
Des dizaines de personnes ont quitté l’Assemblée générale de l’ONU au moment de la prise de parole de Benjamin Netanyahu jeudi soir.
Un an après, la scène s’est répétée. Des dizaines de personnes, membres de différentes délégations représentées à l’Assemblée générale de l’ONU, ont quitté, ce jeudi 24 septembre, la salle en signe de protestation au moment du discours de Benjamin Netanyahu, comme cela avait déjà été le cas en 2025.
La salle, plutôt clairsemée depuis le début de la matinée, s’était progressivement remplie avant le discours du Premier ministre israélien. Puis des dizaines de personnes l’ont quittée, un geste de contestation à l’initiative de la mission palestinienne à l’ONU, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous.
La délégation palestinienne avait appelé les autres missions à participer à ce mouvement dans un message qui leur avait été envoyé, consulté par l’AFP. Des dizaines de manifestants se sont aussi rassemblés le long de la Première avenue qui longe le siège de l’ONU à Manhattan, scandant « Netanyahu vous ne pouvez pas vous cacher, vous êtes recherché pour génocide ».
« S’il reste encore dans cette salle des lâches qui n’ont pas quitté les lieux, qu’ils le fassent maintenant », a lancé Benjamin Netanyahu en introduction de sa prise de parole.
Netanyahu s’en prend à la France et à Mamdani
Le Premier ministre israélien, isolé sur la scène internationale et lancé dans une difficile campagne pour sa réélection, s’est ensuite livré à un réquisitoire contre les détracteurs d’Israël, à un moment où les critiques internationales se multiplient contre les violences commises contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée.
« Ils accusent Israël, le minuscule Israël, de colonialisme, quel colonialisme ? », s’est exclamé Benjamin Netanyahu à la tribune de l’ONU. « Parmi eux, il y a des gens en Grande-Bretagne et en France. Bon sang, ce sont eux qui ont inventé le terme », a-t-il dit en référence au discours d’Emmanuel Macron plus tôt dans la semaine, et soulignant que « leurs colonies couvraient la planète entière ».
Plusieurs dirigeants étrangers, dont le président français, ont profité de la tribune de l’ONU cette semaine pour critiquer la politique menée par le gouvernement israélien.
Benjamin Netanyahu s’en est aussi pris au nouveau maire de New York, militant de longue date de la cause palestinienne, qui avait déclaré qu’il envisageait d’arrêter le Premier ministre israélien lors du sommet de l’ONU avant d’admettre que cela dépassait les compétences légales de la ville.
« Depuis que vous avez été élu dans cette ville de nombreux juifs ne se sentent plus en sécurité à New York », a lancé Benjamin Netanyahu à Zohran Mamdani. « Ils me disent que New York n’est plus la ville qu’ils connaissaient », a-t-il ajouté, dénonçant par ailleurs les actes antisémites qui se sont multipliés partout aux États-Unis. « Les mensonges que vous et les autres antisémites diffusez sur les juifs et l’État juif ont de réelles conséquences », a-t-il déploré.
Mahmoud Abbas dénonce un « projet colonial »
L’intervention de Netanyahu a fait suite à celle, plus tôt dans la journée, du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, contraint de s’exprimer par vidéo après avoir été privé de visa par les États-Unis. Ce dernier a déclaré, à la tribune de l’ONU, que les politiques israéliennes ne se contentaient plus de compromettre la solution à deux États mais menaçaient désormais « la vie et l’existence mêmes » de son peuple.
« Ce qui se déroule à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem Est ne sont pas des incidents isolés, mais bien un projet colonial malveillant visant à rendre la vie des Palestiniens plus difficile dans leur patrie et à les contraindre à la quitter », a-t-il affirmé.
Le dirigeant palestinien a également fustigé la décision des États-Unis de lui interdire comme l’an passé de se rendre sur le sol américain, dénonçant « des mesures punitives sans fondement légal ».