Liban. Le Hezbollah promet jusqu'à 14 000 dollars d'aide au logement aux déplacés de la guerre
Le Hezbollah pro-iranien a annoncé ce mardi le versement d'une aide financière au logement plafonnée à 14 000 dollars par an pour des Libanais déplacés par la guerre avec Israël, malgré les tentatives pour assécher ses sources de financement. Cette annonce, lors d'une conférence de presse du chef du Conseil exécutif du Hezbollah Ali Daamouch, intervient en dépit du blocus économique américain imposé à Téhéran, qui arme et finance le Hezbollah, et du renforcement du contrôle par le Liban des routes d'approvisionnement en fonds et en munitions du mouvement armé.
C'est la première fois que le Hezbollah annonce le versement d'aides depuis qu'il a entraîné le Liban dans une nouvelle guerre avec Israël le 2 mars, en appui à Téhéran. Lors de son intervention dans la banlieue sud de Beyrouth, le responsable du Hezbollah, sorti affaibli de deux guerres avec Israël depuis 2023, a précisé que les habitants de la capitale et de sa banlieue sud pourraient se voir octroyer jusqu'à 14 000 dollars, contre 12 000 dollars pour ceux des autres régions.
Sources inconnues
Ces aides iront aux déplacés dont les habitations ont été entièrement détruites ou rendues inhabitables, et aux habitants des zones du sud occupées par Israël, à condition que ces déplacés ne disposent pas d'un autre logement, a précisé cheikh Daamouch. Le Hezbollah versera ces aides en quatre tranches sur un an, a-t-il ajouté, sans préciser la source de financement ni le nombre de bénéficiaires de ces aides.
En décembre 2024, au sortir d'une première guerre initiée par la formation contre Israël pour soutenir le Hamas palestinien, il avait annoncé l'allocation d'une aide similaire d'une valeur de 77 millions de dollars aux déplacés, présentée comme un « cadeau du peuple iranien et du Hezbollah ». Les guerres menées par le Hezbollah depuis 2023 contre Israël ont détruit ou endommagé plus de 290 000 habitations, selon un bilan non définitif des autorités, notamment
dans le sud du pays et dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du mouvement chiite.
Le coût des affrontements au Liban dépasse les 27 milliards de dollars, avait indiqué en septembre le Premier ministre Nawaf Salam, se basant sur des estimations de la Banque mondiale. L'Etat n'a pas les moyens de reconstruire les régions détruites du sud, avait-il déploré. Depuis juin, la violence a diminué dans le sud après un protocole d'accord entre Washington et Téhéran et un accord-cadre entre le Liban et Israël, sous parrainage américain, qui prévoit notamment de désarmer le Hezbollah.