Il ne reste qu'un match à l'Olympique lyonnais pour espérer refermer un chapitre douloureux de son histoire. Mercredi 26 août, à domicile au Groupama Stadium, les Gones recevront Fenerbahçe en position favorable après un match nul inespéré obtenu à Istanbul la semaine dernière lors du barrage aller (1-1). Une victoire permettrait aux Lyonnais de retrouver la phase de ligue de la Ligue des champions, six ans après leur dernière apparition dans la compétition.

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Dans son histoire européenne, Lyon a atteint à deux reprises les demi-finales de la C1, en 2010 et en 2020. À chaque fois, l'OL s'est incliné face au Bayern Munich.

L'enjeu est considérable pour un club qui a connu deux années mouvementées à tous les niveaux. Sportivement, d'abord : après une saison 2024-2025 achevée à la sixième place, Lyon a réalisé une saison 2025-2026 solide et a terminé quatrième de Ligue 1, décrochant ainsi le droit de disputer les tours de qualification de la C1.

Mais cette performance prend une autre dimension lorsqu'on se souvient de la situation dans laquelle se trouvait le club un an plus tôt.

De la relégation administrative aux barrages de la C1

En juin 2025, l'Olympique lyonnais avait été officiellement relégué en Ligue 2 par la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), le gendarme financier du football français, avant d'être réintroduit en appel. Le club était déjà sous la menace d'une rétrogradation depuis novembre 2024, lorsque la DNCG avait également interdit à l'OL de recruter et encadrer sa masse salariale.

Les chiffres étaient alarmants. Eagle Football Group, la holding contrôlée à l'époque par l'Américain John Textor, affichait au 31 décembre 2024 une dette nette de 540,7 millions d'euros et une perte nette de 117 millions d'euros sur les six premiers mois de l'exercice 2024-2025.

Entre-temps, John Textor avait vendu sa participation dans Crystal Palace, tandis que Lyon avait réalisé plusieurs ventes de joueurs pour renflouer ses caisses. Le club avait notamment cédé la pépite Rayan Cherki à Manchester City pour 42,5 millions d'euros.

Privé notamment d'Alexandre Lacazette et de Rayan Cherki, partis à l'été 2025, et longtemps confronté aux blessures d'Ernest Nuamah et de Malick Fofana, le club de la capitale des Gaules a pourtant réussi à rester dans le haut du classement.

Sous la direction de Paulo Fonseca, arrivé en cours de saison précédente, l'OL a même réalisé un bon parcours en Ligue Europa. Les Lyonnais ont terminé premiers de la phase de ligue, avant d'être éliminés en huitièmes de finale par le Celta Vigo.

L'héritage encombrant de l'ère Textor

Le feuilleton financier a connu un nouveau rebondissement en mars dernier, lorsque Eagle Football Holdings Bidco, la société qui détenait la participation majoritaire dans Eagle Football Group, a été placée sous administration judiciaire. La procédure avait été déclenchée par Ares Capital, son principal créancier, après plusieurs défauts au titre des accords de financement. Les financements concernés dépassaient 450 millions de dollars.

Le groupe de John Textor contestait cette procédure et assurait que son modèle de propriété multiclubs était viable. Mais les difficultés financières ont fini par précipiter son départ.

En juin 2026, Michele Kang a pris le contrôle d'Eagle Football Group. Son véhicule d'acquisition a racheté les 87,78 % du capital jusque-là détenus par Eagle Bidco, tandis que la nouvelle propriétaire s'est engagée à apporter jusqu'à 71 millions d'euros de nouveaux fonds au groupe. Une partie importante de la dette a également été réaménagée ou abandonnée.

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Un changement de propriétaire qui ne règle pas tous les problèmes financiers du club, mais qui marque une rupture avec l'ère Textor.

Le nouveau Lyon doit désormais composer avec une politique financière beaucoup plus prudente. D'autant que le fantôme de l'Américain rôde toujours dans les esprits des dirigeants de l'OL : l'ancien propriétaire du club n'a pas totalement disparu du paysage lyonnais. En juillet, John Textor a déposé aux États-Unis une plainte contre Michele Kang, lui réclamant 400 millions de dollars de dommages et intérêts.

En juin 2025, l'OL a par ailleurs conclu avec l'UEFA un accord de règlement sur quatre ans prévoyant notamment une pénalité financière fixe de 12,5 millions d'euros et des sanctions supplémentaires pouvant atteindre 37,5 millions d'euros si les objectifs financiers ne sont pas respectés. Le club doit revenir à l'équilibre financier d'ici 2028.

Une qualification qui vaut de l'or

Dans ce contexte, le barrage contre Fenerbahçe représente aussi un enjeu financier de premier ordre. La qualification pour la phase de ligue de la Ligue des champions apporterait à Lyon plusieurs dizaines de millions d'euros de recettes (environ 23 millions d'euros) et permettrait au club de respirer davantage. Elle constituerait également un argument sportif important pour attirer et conserver des joueurs, alors que l'OL doit poursuivre sa reconstruction tout en respectant ses contraintes financières.

"On ne va pas se mentir, le match de mercredi est très important", a d'ailleurs reconnu le capitaine des Gones, Corentin Tolisso.

Lyon devra néanmoins gérer une préparation écourtée. Le club a disputé samedi son premier match de Ligue 1 à Toulouse, quatre jours seulement avant le rendez-vous européen. La LFP avait refusé de reporter cette rencontre, malgré la demande de l'OL.

Paulo Fonseca a donc fait tourner son effectif pour préserver ses joueurs. Et l'équipe B a tenu le coup face aux Toulousains, grâce à deux buts inscrits en fin de rencontre avec l'entrée des cadres Malick Fofana, Pavel Sulc, du capitaine Corentin Tolisso (passeur décisif) et de Tyler Morton. Un résultat qui permet aux Lyonnais d'aborder le barrage retour avec confiance.

Avec AFP