Et c'est donc Linda Noskova qui a soulevé le trophée au terme de cette édition 2026 de Wimbledon. Pour sa première apparition à ce stade d'un tournoi du Grand Chelem, la Tchèque a été impressionnante de maîtrise et de qualité de jeu. On pouvait craindre qu'elle soit un peu écrasée par le poids de l'événement, contrairement à Karolina Muchova qui a déjà vécu une finale de Majeur, mais il n'en fut presque rien.

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Du haut de ses 21 ans, elle n'a jamais rien montré de ses émotions. Rien n'a filtré, comme depuis le début du tournoi. Totalement concentrée, elle avait confié qu'il lui faudrait attendre que le tournoi soit terminé pour qu'elle réalise pleinement ce qui se passait. On imagine le tourbillon émotionnel qui doit s'emparer d'elle maintenant qu'elle a écrit son nom dans le livre d'histoire du plus prestigieux des tournois.

Mais c'est surtout son jeu qui a épaté. Bien sûr, son service a été son arme principale. Mais ses coups de fond n'ont pas été en reste. Lourde et longue, sa balle a toujours empêché Muchova de développer son splendide jeu. Au lieu de planer sur le court, comme elle sait si bien le faire, elle a été bousculée comme rarement. Régulièrement sur le reculoir lorsqu'elle devait frapper son coup droit, elle ne pouvait faire valoir aucun de ses coups forts. Muchova était prise de vitesse, prise à la gorge, prise dans tous les compartiments du jeu. Elle concédait le premier break du match après un énorme retour de Noskova qui lui permettait de prendre la direction de l'échange et de le conclure sur un revers long de ligne gagnant.

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À 3-1, Muchova était déjà dans le dur. Elle allait bien sauver quatre balles de premier set grâce à son seul service, mais elle ne pouvait rien faire sur la perfection de lob de son adversaire sur la cinquième. Muchova avait servi 81 % de premières balles, mais elle n'avait fait que 57 % de points derrière, preuve que Noskova la mettait à la torture avec ses retours. Les yeux rougis, Muchova se retrouvait bien trop vite menée 5-2 dans le deuxième set. L'issue ne faisait plus aucun doute.

Un deuxième fou

Sauf que rien n'est jamais écrit d'avance dans le sport, et peut-être encore moins dans le tennis. Car, au moment de conclure, le bras de Noskova s'est naturellement un peu tendu. Non, on ne gagne pas Wimbledon sans trembler à un moment. Muchova allait d'abord sauver trois balles de match sur son service, avec deux fautes de Noskova sur les deux premières. Venait alors le jeu le plus haletant de cette finale qui rentrait doucement mais sûrement dans une autre dimension. Noskova laissait passer une quatrième balle de match sur son service. Surtout, elle écartait pas moins de six balles de break, sur ace ou service gagnant, avant de céder sur la septième en partant à la faute. Break Muchova (5-4) qui montrait une tout autre attitude sur le court.

Finis les yeux rougis et la défaite presque acceptée, elle repartait au combat, bien aidée par un jeu de jambes retrouvé. Elle sauvait une nouvelle balle de match d'un coup droit gagnant pour revenir à 5-5. Noskova hurlait alors sa frustration dans son premier signe d'agacement du match. Breakée dans la foulée, elle s'enfouissait sous serviette au changement de côté. Mais c'était bien Muchova qui finissait fort ce deuxième set en remportant un cinquième jeu de rang pour égaliser à un set partout.

Noskova retrouve sa solidité pour conclure

La question était de savoir si Noskova avait laissé passer sa chance ou si elle avait encore les ressources pour retrouver son tennis. Après un premier jeu de service très accroché, elle laissait penser que la deuxième option était la bonne. La plus jeune des Tchèques retrouvait sa justesse du premier set et sa lourdeur recommençait à dérégler le coup droit de Muchova pour un break très rapide (2-0).

Derrière, Muchova n'a plus été en mesure de faire douter sa jeune compatriote qui volait vers le plus beau titre de sa jeune carrière. Elle allait enfin pouvoir se laisser aller, comme en témoignaient les larmes de joie durant son discours.