La Bombonera. Dans le quartier de La Boca à Buenos Aires en Argentine. Ce stade de 58 mille places aurait pu, pour l’occasion, s’appeler "le Théâtre des rêves". Mais cette jolie appellation colle déjà à Old Trafford et donc à Manchester United. On se contentera donc de la "boîte à bonbons". Joli aussi. Et c’est là que Carlos Tevez a émis le souhait de rassembler, en guise d’apothéose de sa carrière, deux des meilleurs joueurs de l’histoire.

"J’ai toujours rêvé de voir Cristiano et Leo jouer dans la même équipe. Ce sont les deux plus grands joueurs de tous les temps. Je les ai contactés, surtout Cristiano, a confié Tevez à ESPN. Je lui ai dit : "Cristiano, je veux que toi et Leo soient dans la même équipe pour mon match d’adieu. Que le monde entier puisse admirer cette magie une fois pour toutes. Il a dit qu’il serait là. Convaincre Leo n’a pas été difficile non plus. Ils m’ont tous les deux donné leur accord. J’ai hâte. Ce match sera chargé d’émotion."

Le point commun ? Tevez a joué avec les deux. Avec CR7 à United entre 2007 et 2009 où ils ont remporté la Ligue des Champions en 2008. Et avec Messi sous la vareuse albiceleste. Ensemble, ils ont été finalistes de la Copa America en 2007 et battus en quart de finale de la Coupe du monde en 2006 et 2010.

Une rivalité et une émulation permanente

L’un ne serait pas ce qu’il est devenu sans l’autre. Et vice-versa. Des personnalités a priori éloignées et des statistiques dingues. Messi apparaît réservé, humble et davantage porté sur le collectif. Là ou CR7 dégage cette impression, presque machinale, de certitude. Et de travail acharné pour sculpter sa carrière comme son propre corps qu’il aime exhiber à la fin des rencontres. A deux, ils se sont partagé 13 ballons d’or. Ronaldo a marqué quasi 1000 buts. Messi culmine à 927 réalisations. Le débat pour savoir lequel des deux est le meilleur joueur de l’histoire apparaît désormais vain depuis que Messi a marché sur la dernière Coupe du Monde (8 buts et 4 assists).

Mais derrière tout cela, les stats et les débats, reste ce fantasme absolu de les voir évoluer de concert (eux qui ne se sont jamais affrontés sous la vareuse nationale). Et c’est ça qui est joli dans le projet de Carlos Tevez. Les voir se sublimer réciproquement. Se servir. Fêter un but de l’un sur une offrande de l’autre. C’est le rêve de l’Apache. Hâte d’être en décembre.