Lors des vagues de chaleur de mai et juin, moins d’actes de chirurgie au Royaume-Uni
Le site spécialisé dans le climat et les énergies Carbon Brief le concède : le travail d’investigation qu’il a réalisé est perfectible, mais pour une première, il est très informatif sur “le manque de préparation du système de santé aux vagues de chaleur et à leurs répercussions sur les patients”. La chaleur semble augmenter la pression sur un système en manque de lits et de personnel.
Comme de nombreux pays d’Europe, le Royaume-Uni a subi plusieurs vagues de chaleur record depuis le début de l’année. C’est à celles des 22 au 28 mai et du 18 au 27 juin que Carbon Brief s’est intéressé. Moins de la moitié des hôpitaux publics disposant d’un service de chirurgie interrogés ont répondu concernant l’annulation d’interventions à cause de la chaleur, probablement parce qu’une telle donnée n’est pas disponible, à la différence des décès. Les chiffres sont donc largement sous-estimés.
Que peut-on toutefois apprendre des 1 110 actes de chirurgie annulés recensés en Angleterre et au pays de Galles au cours de ces vagues de chaleur ?
Les urgences seront toujours assurées
Quasiment tous les actes annulés étaient programmés et n’avaient pas un caractère vital. Il s’agissait par exemple de chirurgie orthopédique, avec la pose de prothèses de genou ou de hanche, ou de chirurgie des yeux. La liste des annulations comprend néanmoins “au moins huit opérations cardiaques et sept exérèses de cancer de la peau”, relève Carbon Brief.
Interrogé par le média, le chirurgien Richard Egan rappelle “les conséquences considérables sur les listes d’attente”. Il ajoute :
“Pour chaque semaine d’attente supplémentaire, l’état des patients risque de s’aggraver et de se détériorer.”
Quant à la raison invoquée pour l’annulation, les hôpitaux ont répondu de façon lapidaire à Carbon Brief qu’il faisait “trop chaud et humide” dans les blocs opératoires. Ajoutant parfois “des commentaires concernant le ‘risque d’infection’ ou la ‘surchauffe pour les patients et le personnel’”.
Un chercheur en santé publique se veut rassurant : les hôpitaux donneront toujours la priorité aux interventions chirurgicales “urgentes et potentiellement vitales”, dit-il.