Plusieurs célébrités comme Macklemore, Adèle Haenel ou encore Susan Sarandon ont subi de plein fouet les conséquences de leur soutien au peuple palestinien. De quoi dissuader les artistes de prendre position ? Heureusement pas.

Ces derniers temps, l’actualité semble s’accorder autour d’une vérité commune : prendre position en soutien au peuple palestinien et contre l’État d’Israël est loin d’être aussi simple qu’on ne le dit. La semaine dernière, le replay de la carte blanche d’Adèle Haenel dans La Grande Librairie – un cri du cœur sur le génocide actuellement en cours à Gaza – était dépublié par France Télévisions (l’émission dans son intégralité).

Hier, lundi 14 septembre, on apprenait que Macklemore, première partie d’Ed Sheeran lors du Loop Tour, n’était plus convié à la fête. La raison ? Le soutien ardent du rappeur au peuple palestinien qui aurait posé problème à Robert Kraft, le propriétaire du Gillette Stadium près de Boston, salle de concert où le duo devait se rendre. Dans un post Instagram, Macklemore explique : “Ed était dans une situation de merde. Il le savait. Sa position apolitique habituelle était plus que jamais mise à rude épreuve. Il m’a dit que les mots ‘Free Palestine’ et que le drapeau palestinien étaient offensants pour beaucoup de personnes avec qui il avait parlé. Je lui ai dit que si ces mots étaient plus offensants que 10 000 enfants palestiniens tués par Israël, il y avait une profonde déconnexion entre ces gens et moi. Mais il n’arrivait pas à dépasser son discours public du ‘je ne prends pas parti’.” Apolitique Ed Sheeran ? Le chanteur anglais n’a pourtant pas hésité à apporter son soutien à l’Ukraine lors de l’invasion russe en 2022. Depuis l’éviction de Macklemore, d’autres artistes censés assurer les première partie d’Ed Sheeran, ainsi que le groupe qui l’accompagne, ont annoncés leur départ du show.

Le silence finalement plus coûteux que la parole ?

Le 6 septembre dernier, au Festival de Venise, la comédienne Susan Sarandon déclarait aussi que son engagement pro-palestinien lui avait fermé des portes à Hollywood : “On m’a encore retiré des films récemment, parce que certaines agences disent toujours aux gens de ne pas m’engager…”. Même chose pour la popstar suédoise Zara Larsson, qui révélait en début d’année qu’avoir pris position lui avait coûté des contrats à plusieurs millions de dollars. On pense aussi à Melissa Barrera, écartée de la saga Scream pour des raisons similaires.

Bref, sale temps pour les stars souhaitant faire preuve d’un peu de courage. De quoi les en dissuader ? Pas forcément. Hier toujours, le magazine musical Mosaïque dévoilait la Une de son nouveau numéro, “Par et pour le rap palestinien”, lequel inclut une tribune signée par 130 artistes dont Theodora, Oklou, Ino Casablanca, LinLin, La Fève, 2L, Camille Yembe, Ebony : “Nous artistes, nous associons à l’espoir d’une libération qui devienne réalité et appelons à ne pas oublier le peuple palestinien, peuple de résilience et de résistance. Soutien inconditionnel à la vie et à l’existence de la Palestine. La lutte continue.” 20 % des bénéfices de la vente de ce numéro sera reversé à deux rappeurs palestiniens, BSHNDY et Abu Joury. À celles et ceux qui espéraient que les conséquences professionnelles suffiraient à dissuader les artistes de prendre position, les 130 signatures de Mosaïque et les décisions des artistes affiliés à Ed Sheeran apportent une première réponse réjouissante : la parole, elle, continue de circuler.

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