Magdeleine Vallières-Mill avait établi la cinquième étape du Tour de France, disputée mercredi, comme l'une de celles où elle voulait passer à l'attaque. La championne du monde sur route a été l'une des principales animatrices de la course, mais ce sont les favorites pour la victoire finale qui ont eu le meilleur.

Visiblement bien en jambes, la Québécoise a placé une accélération dans le col de Fontmartin, quatrième difficulté de cette étape de moyenne montagne entre Mâcon et Belleville-en-Beaujolais. Elle a été suivie par une autre Canadienne, Sarah Van Dam... et par 17 autres coureuses. Une échappée massive qui n'a pas été en mesure d'obtenir plus de deux minutes sur le peloton.

Les favorites se sont finalement fait face dans l'avant-dernière côte de la journée, le col de Durbize (3,7 km à 5,8 %, mais dont le dernier kilomètre était à plus de 9 %) sous une impulsion des coéquipiers de Demi Vollering, éventuelle gagnante.

L'accélération brutale de l'équipe de la Néerlandaise a fait d'importants dommages, dont la Française Pauline Ferrand-Prévot, championne l'an dernier, mais qui a connu une autre mauvaise journée en terminant à deux minutes et demie du temps de référence. Elle a sans doute perdu toute chance de réaliser le doublé le 9 août à Nice.

Menant la charge d'un groupe de plus en plus réduit, Vollering et la maillot jaune Marlen Reusser, gagnante du contre-la-montre mardi, ont fondu sur les restants de l'échappée, qu'elles ont avalé à 22 kilomètres de la ligne.

Dans la dernière côte du jour, le difficile mont Brouilly (2,9 km à 7,9 %), une nouvelle accélération de Vollering a permis aux deux prétendantes au podium final de se détacher avec la Polonaise Katarzyna Niewiadoma-Phinney, championne en 2024 de la Grande Boucle.

Hier, j'ai dit en réunion "J'en ai marre, passons à l'attaque" ! Les trois premières étapes étaient un peu ennuyeuses. Personne ne voulait vraiment faire la course. Peut-être à cause de la chaleur. Et tout le monde pensait déjà au contre-la-montre, a déclaré la Néerlandaise en conférence de presse.

Moi, j'étais prête à courir, parce que c'est l'état d'esprit avec lequel je suis venue sur ce Tour : tout donner chaque jour et ne pas hésiter à rendre la course animée, a-t-elle poursuivi au terme d'une étape qui la place en deuxième position du classement général à 12 secondes de la Suissesse Marlen Reusser.

C'est finalement Vollering, elle-même titrée en 2023, qui s'est imposée après un sprint à trois démarré par Niewiadoma-Phinney à 320 mètres de la ligne. Pendant quelques instants, Vollering et Reusser se sont regardées, mais elles ont été capables de déclencher leur effort avant qu'il ne soit trop tard.

Je pensais que je n'y arriverais plus, et j'ai fini par y parvenir, alors c'était vraiment un soulagement, a évoqué Vollering.

La prochaine fois, a dit Niewiadoma-Phinney, 3e à la ligne.

La jeune Canadienne de 21 ans Isabella Holmgren a pris le 5e rang de l'étape dans un deuxième trio à 45 s de la tête. Holmgren est désormais 2e du classement des meilleures jeunes, derrière Antonia Niedermaier par 25 s qui a terminé 6e.

Vallières-Mill a pour sa part été décrochée dans le mont Brouilly lors de l'accélération de Vollering et a terminé au 22e échelon à 3 min 27 s.

Au classement général, Reuser conserve une priorité de 12 s sur Vollering et de 1 min 17 s sur Niewiadoma-Phinney. Holmgren intègre le top 10 et pointe au 7e rang à 3 min 5 s de Reuser, alors que Vallières-Mill est 30e à 11 min 42 s.

Les autres Canadiennes sont respectivement 33e du général pour Nadia Gontova (à 13:17 de Reusser), 37e pour Van Dam (à 15:54), 126e pour Kiara Lylyk (à 1:15:20) et 129e pour Alison Jackson (1:15:22).

Quant à la championne en titre Pauline Ferrand-Prévot, elle est désormais à la 17e place du classement à cinq minutes de la tête. Il ne faut pas se voiler la face : un tel écart, c'est irrécupérable, a-t-elle commenté à la télé française.

Avec les informations de Agence France-Presse et La Presse canadienne