C'est une réalité regrettable en Belgique : la nomination d'un sélectionneur fédéral ravive le débat linguistique.

Déjà en 2002, le regretté Robert Waseige se plaignait du traitement reçu par la presse flamande. Aujourd'hui encore, dix ans après son éviction, le pourtant bilingue Marc Wilmots n'adresse toujours plus la parole au plus grand quotidien néerlandophone, coupable à ses yeux d'avoir joué l'homme. Plus récemment, il a pu être reproché à Roberto Martinez et Domenico Tedesco de ne s'exprimer qu'en anglais, puis à Rudi Garcia de ne parler que français.

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À l'Union belge, la balance décisionnelle penche au nord, c'est un fait. Certains avaient pu s'étonner du premier choix posé par Vincent Mannaert. Cet été, à défaut d'avoir opté pour un sélectionneur belge – dommage, mais qui est réellement sur le marché ? −, le directeur technique a donc misé sur Mark van Bommel. Le Néerlandais de 49 ans dispose d'un sacré passé de joueur et a remporté comme entraîneur le doublé Coupe-championnat avec l'Antwerp en 2023. Ses autres expériences ont été nettement moins fructueuses.

Décrit comme fédérateur, fin communicateur et habile manager, il parle quatre langues et a prévu d'apprendre le français. Cela reste à voir. Il sait en tout cas se faire apprécier et respecter. Sa conférence de presse, hier à Tubize, fut un sans-faute.

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En attendant de pouvoir comparer le traitement qui lui sera effectivement réservé de part et d'autre de la frontière linguistique – il dispose d'un important crédit en Flandre −, le débat mérite d'être élevé au-delà du spectre communautaire et de se concentrer sur le terrain. Le jeu. Le football.

Comme Garcia et tous les autres, van Bommel devra être jugé sur ses choix, sa méthode et ses résultats. Il sera bien vite dans le bain, avec des rendez-vous prestigieux en Ligue des nations contre la Turquie, la France et l'Italie (du 25 septembre au 5 octobre), avant les qualifications pour l'Euro 2028.

C'est là que tout un pays l'attend.

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