Course intense à Montréal: Marlen Reusser frôle le podium
Publié26. septembre 2026, 20:50
CyclismeMarlen Reusser: «Là, c’est un peu dur»
La Bernoise de 35 ans a manqué le bronze des Mondiaux de Montréal pour quatre secondes et le titre pour huit. De quoi lui donner pas mal de regrets.

Depuis les bords de route, devant la télévision, sur les divers canapés en Europe, cette course des femmes au Québec a été absolument incroyable à regarder. Mais pour la Suissesse, sur le vélo, ça a été «dur, dur et un peu embêtant». A 35 ans, Marlen Reusser n'aura plus énormément d'opportunités de rêver au maillot arc-en-ciel ou au podium planétaire, vu le profil des prochains Mondiaux. Alors cette occasion manquée à Montréal, c'est difficile à avaler pour la docteure en médecine, qui n'a fait à peu près que courir après les autres de toute la journée de samedi.
«Je suis assez déçue, a-t-elle expliqué quelques minutes après cette fin de course de folie. Je pense que j'ai vraiment raté le moment décisif de cette course et c'est de ma faute. Ensuite, c'était super difficile, parce que personne n'a vraiment roulé. Elles ont plutôt couru pour la deuxième place… Moi, je ne voulais pas courir pour l'argent. Je voulais gagner ou rentrer à la maison. Je pense que ça, je l'ai payé à la fin. Si moi je n'avais pas mis le rythme dans le groupe derrière Demi Vollering, personne ne l'aurait fait. Et après, c'est perdu.»
Demi Vollering: «J'y ai cru jusque dans mon petit orteil»
«Je suis tellement fière de toute l’équipe. Elles ont fait toute la course devant, nous nous sommes donné la main toute la journée et nous avons mené toute la course jusqu'au bout. Il y a eu tellement de moments où j’ai cru être partie trop tôt... C’est resté si serré tout le temps et je n’ai pas osé me retourner pour regarder derrière, parce que j’avais l’impression qu’elles étaient presque tout le temps dans mon champ de vision. Ca a été 20 secondes, 22, 15… À un moment, elles sont revenues et j’ai pensé: «Oh merde, ce n’est toujours pas fini.» J'y ai cru jusque dans mon petit orteil. J’ai osé et j’ai essayé encore une fois, je n'ai pas abandonné avant la ligne d’arrivée. Ca a dû être une course incroyable à regarder. Je suis vraiment fière d’en avoir fait partie. J’ai hâte de la regarder à nouveau.»
«Ma faute principale, a continué la Suissesse, c'est de ne pas avoir été dans le premier coup. Parce qu'après, c'est très compliqué pour quelqu'un comme moi. Et si moi je ne roule pas quand ça ne roule pas… Je savais jusque dans la dernière ligne droite que tout allait être encore possible. Mais dans l'emballage final, il m'a manqué un tout petit peu.» Pile ce qu'elle a donné dans une chasse presque infinie derrière Vollering qu'elle a souvent prise à son compte, faute d'aide de la part de ses concurrentes.
Marlen Reusser boucle donc ces Mondiaux avec un nouveau titre mondial du contre-la-montre, remporté dimanche dernier. Elle s'est aussi parée de bronze mardi lors du relais-mixte où elle a été énorme et lors duquel la Suisse aurait sans doute gratté de l'or, sans un problème technique sur la machine de Stefan Küng. Et puis il y a ce «chocolat» de ce samedi, pas facile à avaler pour la coureuse de la formation Movistar. De bons championnats du monde tout de même, Marlen? «Jusqu'à aujourd'hui, oui. Mais là c'est un peu dur.»

Robin Carrel (rca) est journaliste spécialisé en sport à 20 Minutes depuis 2011. Ses sports de prédilection sont le football et le cyclisme, mais il privilégie surtout le terrain de la découverte.
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