Alors que certains prédisent une colonisation de Mars pour bientôt, il convient de se retourner et pourquoi Mars a toujours été un astre attirant pour les humains. L'occasion aussi de comprendre en quoi son exploration peut nous apprendre beaucoup sur notre planète, la Terre.

Bien avant que la physique moderne ne s'en empare, Mars intriguait déjà les Égyptiens, qui la nommaient « l’étoile qui va à reculons » en raison de son mouvement rétrograde. Entre le dieu de la Guerre des Anciens et les petits hommes verts de la science-fiction, la planète rouge a toujours été le réceptacle de nos projections les plus folles. Pourtant, la réalité scientifique est plus vertigineuse encore : Mars est une archive géologique intacte de notre propre passé. Pourquoi s'obstiner à chercher si loin, au prix d'efforts technologiques titanesques, ce qui semble nous manquer ici-bas ? L'exploration martienne n'est pas une fuite, mais une quête de nos racines perdues dans les limbes de l'histoire terrestre.

Mars, un livre ouvert sur la Terre primitive

Pour la géologue Violaine Sautter, l’histoire planétaire est un livre de 100 pages. Sur Terre, la tectonique des plaques et une érosion féroce ont littéralement arraché les 12 premières pages effaçant les témoins de son premier milliard d'années.
Mars, en revanche, a « figé » son récit. Dépourvue de tectonique, sa croûte épaisse a conservé des terrains intacts et plus de 60 % de sa surface est encore recouverte de hauts plateaux cratérisés datant de plus de 3 milliards d'années, principalement dans l'hémisphère Sud. C'est le seul terrain d'expérience pour observer une planète rocheuse dans ses premiers âges et étudier ses sédiments fossiles, c’est observer ce à quoi ressemblait la Terre primitive à l'époque même où la vie y est apparue.

Un révélateur de la singularité terrestre.

Au-delà de cette quête des origines, comparer ces deux « planètes sœurs » c’est aussi mettre en avant ce qui les différencie. Ce sont ces différences majeures qui permettent de prendre conscience du caractère exceptionnel et fragile de notre planète. L'étude de Mars n’offre pas un plan B pour l'humanité, mais elle nous renvoie à notre propre réalité en nous imposant de préserver notre berceau terrestre.