Dans les sports collectifs, en France, pendant des décennies, il y a toujours eu un « JP » pas loin. Un copain drôle, qu'on aime chambrer et qui nous le rend bien. L'équipe de France, en cet été 2026, en possède un aussi. Jean-Philippe Mateta a débarqué en équipe de France à l'automne 2025, à 28 ans. Un peu par surprise. Dans un groupe dont il connaissait quelques membres via les équipes de France olympique ou Espoirs - Koné, Olise, Doué, Cherki, Upamecano... -, mais dans lequel il restait globalement méconnu.

En quelques mois, et malgré son absence en mars en raison de son vrai-faux transfert à l'AC Milan(*), Mateta (7 sélections, 2 buts) est devenu un personnage de cette promotion. La mascotte ? Dans une filiation avec Adil Rami de 2018 (en moins volubile), il y a quelque chose de cela, oui. Tout, chez « JP », invite à la blague ou aux chambrages. Son maillot dans le short, sa voix grave, sa répartie incisive, sa démarche singulière, l'attaquant de Crystal Palace est celui qu'on aime taquiner.

(*) Une blessure à un genou lui avait été décelée à la visite médicale.

Sa sortie étonnante face à la presse il y a trois semaines, où il avait répondu par des monosyllabes ou des phrases ultra-courtes, a fait marrer ses coéquipiers. Et a rappelé sa distance par rapport à l'espace médiatique. La nonchalance affichée par Bradley Barcola, capable de ne pas courir malgré un timing souvent ric-rac avant les réunions, en fait un personnage chambré. Mais Mateta, capable de « martyriser » son ancien coéquipier Michael Olise en marge d'une séance, est celui qui déclenche, presque automatiquement, les rires.

Les cadres ont été surpris et séduits par son niveau

Pas de facéties ni de blagues potaches à la Rami mais cette capacité à faire sourire. Il n'y a qu'à voir la manière dont il se fait charrier par William Saliba en rentrant dans le vestiaire après la victoire face au Maroc (2-0, jeudi) pour le mesurer. Sur sa dernière occasion ratée en fin de match, Mateta en a aussi (gentiment) pris pour son grade.

Mais l'ancien Castelroussin est plus qu'un personnage bien intégré à cette promotion. Apparu à trois reprises pour un total de vingt et une minutes sur ce tournoi, le joueur de 29 ans a surpris. Des cadres comme Kylian Mbappé ou Ousmane Dembélé ne l'imaginaient pas à ce niveau-là. Seulement un « target man » ? Non, et c'est cela qui a étonné ses coéquipiers : « En séance, c'est quelqu'un qui est capable malgré sa taille de sortir des "skills" de haut niveau. Des crochets courts, des dribbles, les mecs ne le percevaient pas forcément comme ça. Et JP est très adroit face au but en plus », glisse un proche du groupe.


Le staff constate la même chose. Ses séances récentes ont séduit. De quoi le faire passer devant Marcus Thuram en cas de scénario défavorable en demi-finales face aux Espagnols, mardi (21 heures) ? La blessure à un mollet du buteur de l'Inter Milan a changé la donne à court terme. Mais sur un match à haut risque, l'expérience de Thuram et sa palette (prise de profondeur plus naturelle) seront privilégiées. Mateta s'est donné le droit d'avoir un rôle. Et plus qu'un second rôle.