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« Il est le plus rapide du monde » : Tim Merlier était encore imbattable au sprint samedi à Bergerac

Malgré une courte nuit, la chaleur, sa solitude dans le final et une chute évitée de peu, Tim Merlier s'est imposé avec une jolie marge. Si sa domination est totale, le maillot vert sera pourtant difficile à aller chercher.

Tim Merlier, surpuissant, a dominé pour la deuxième fois d'affilée le sprint, samedi. (B. Papon/L'Équipe)

Tim Merlier, surpuissant, a dominé pour la deuxième fois d'affilée le sprint, samedi. (B. Papon/L'Équipe)

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Malgré une courte nuit, la chaleur, sa solitude dans le final et une chute évitée de peu, Tim Merlier s'est imposé avec une jolie marge. Si sa domination est totale, le maillot vert sera pourtant difficile à aller chercher.

Luc Herincx à Bergerac (Dordogne) publié le 11 juillet 2026 à 22h52

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L'instinct de Tim Merlier n'est pas vanté à tort. Aussitôt la ligne franchie, le sprinteur de Wortegem a flairé l'ombre et l'air climatisé du centre événementiel de Bergerac pour se réfugier là où grouillaient des centaines de journalistes en salle de presse, subitement au chevet du Belge carbonisé. Quelques secondes plus tôt, il avait aussi saisi le moment idéal pour surprendre tout le monde à près de 500 m de la ligne, revenu de loin, de ce virage mal négocié qui aurait dû l'envoyer au tas, a-t-il cru, et qui l'a finalement incité à improviser un kick lointain encore improbable pour déboîter ses concurrents.

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« Le plus beau sprint, c'est quand je choisis un timing qui surprend tout le monde, confiait Merlier avant ce Tour de France. Ce sont des sprints que je peux re-regarder 1 000 fois (rires). Quand tout le monde te voit partir et qu'ils se disent : ''Ohh, c'est foutu !''. C'est le meilleur sentiment que je puisse avoir. » Ce timing-là était contraint mais encore fallait-il avoir la lucidité, les neurones assez frais dans cette chaleur pour se décider à déclencher et croire en ses chances. « C'est une question de sang-froid, il ne panique jamais, loue son directeur sportif Tom Steels. Il ne savait probablement même pas s'il restait 300 ou 400 m, il ne regarde pas forcément les panneaux. »

« S'il arrive à 300 m de l'arrivée en bonne position, on sait qu'il va juste trop vite pour les autres »

Son lanceur, Jasper Stuyven

Motivé par le travail de ses équipiers toute la journée dans le contrôle de l'échappée et l'approche du sprint - besogne pourtant relativement minime en comparaison des autres trains -, Merlier s'est juste dit : « Je ne pouvais pas abandonner. Heureusement que les autres sprinteurs n'avaient plus de fraîcheur non plus parce que sur les 50 derniers mètres, je ne pouvais plus pousser tellement j'avais d'acide lactique. » « Il est le plus rapide du monde », résume plus simplement son lanceur Jasper Stuyven, dont Merlier n'a pas beaucoup pris la roue dans le final. « On sait très bien qu'il n'est pas vraiment nécessaire de le lancer comme à l'ancienne, précise-t-il. S'il arrive à 300 m de l'arrivée en bonne position, on sait qu'il va juste trop vite pour les autres. »

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Loin du maillot vert

Cette puissance et ce moteur pour atteindre et maintenir une telle vitesse étaient pourtant loin d'être garantis au départ, samedi matin. Dans l'excitation de sa victoire à Bordeaux, Merlier a veillé jusqu'à la fin du match Espagne-Belgique (2-1), vers minuit, puis a été réveillé par un contrôle antidopage à l'aube. La touffeur l'a aussi particulièrement accablé toute la journée, le Belge apparaissant blafard et éreinté en conférence de presse.

Déjà deux succès et une telle domination malgré les conditions défavorables, cela invite tout de même à rêver du maillot vert ? « J'aimerais bien, mais Mads (Pedersen) est un meilleur grimpeur pour les sprints intermédiaires, souffle Merlier, lucide. J'ai toujours rêvé de porter le maillot vert au moins un jour, mais pour le gagner, il faudrait changer mon plan d'entraînement, et encore ce serait difficile de rivaliser avec Mads... » Sur le papier, il lui reste deux opportunités pour scorer le maximum de points en arrivée massive.

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