Publié le 24/08/2026 - 8:06 UTC+2

Une importante ONG humanitaire a déclaré lundi que les migrants qui traversent la Méditerranée et les navires de sauvetage qui leur viennent en aide sont confrontés à des menaces et à des harcèlements de plus en plus fréquents de la part de groupes libyens.

Des milliers de personnes ont trouvé la mort en tentant de rejoindre l’Europe depuis l’Afrique, et SOS Méditerranée dirige une partie d’un réseau de navires et d’avions qui surveillent ces eaux.

L’ONG affirme que la Méditerranée centrale devient "de plus en plus hostile", une situation, selon elle, renforcée par "l’extension de la coopération européenne avec des acteurs libyens en matière de dissuasion migratoire".

SOS Méditerranée indique qu’à au moins sept reprises, en juin et juillet, des embarcations "liées à des acteurs libyens" se sont approchées des navires de sauvetage "à grande vitesse" ou les ont suivis pendant des heures, se livrant à des "poursuites" jusque dans les eaux internationales.

L’ONG rapporte également une "augmentation significative de la présence de vedettes non identifiées associées à différents groupes armés en Libye".

"Ces navires ont été observés en train de procéder à des interceptions violentes, notamment en percutant délibérément des embarcations transportant des personnes en détresse et en effectuant des manœuvres mettant des vies en danger", a ajouté SOS Méditerranée.

L’année dernière, l’ONG a accusé les garde-côtes libyens d’avoir attaqué son navire de sauvetage Ocean Viking dans les eaux internationales.

Elle affirme que plus de 100 coups de feu ont été tirés, mettant en danger l’équipage de l’Ocean Viking et 87 migrants secourus.

Elle indique que des procédures judiciaires ont été engagées en Italie, en France et en Allemagne dans cette affaire, mais que "les autorités européennes et nationales sont restées silencieuses" et que "les responsables de l’attaque n’ont pas été identifiés".

SOS Méditerranée réclame "une enquête complète et indépendante".

L’Organisation internationale pour les migrations (source en anglais) des Nations unies a indiqué ce mois-ci que le nombre de décès en Méditerranée centrale avait augmenté, tandis que le nombre de migrants tentant cette traversée périlleuse avait diminué en raison de politiques européennes plus strictes.

L’OIM précise que 821 personnes sont mortes ou ont été portées disparues au cours des quatre premiers mois de l’année, soit une hausse de 111 % par rapport à la même période en 2025.

Les arrivées de migrants sur la même période ont, elles, reculé de 46 % pour s’établir à 8 577, a-t-elle ajouté.

Sources additionnelles • AFP