Mobilisation étudiante à Menton : dans le quartier du Borrigo, les riverains autour du lycée Pierre-et-Marie-Curie commencent à en avoir « ras-le-bol »
Pendant trois jours, de lundi 28 à mercredi 30 septembre 2026, le lycée Pierre-et-Marie-Curie de Menton a été le théâtre d’une mobilisation lycéenne parfois très tendue. Jets de pierres, poubelles incendiées, tirs de mortiers, puissants pétards, fumigènes et projectiles en direction des forces de l’ordre : après une première journée plutôt bon enfant, la situation s’est particulièrement tendue mardi, aux alentours de 11 heures.
Selon plusieurs lycéens de Curie, une dizaine d’élèves du lycée Paul-Valéry seraient alors arrivés sur place, contribuant à faire monter la tension. Des mortiers et des pierres ont été lancés en direction des policiers, qui ont riposté par des charges, des tirs de gaz lacrymogène et des interpellations.
Le bilan fait état de onze gardes à vue concernant des lycéens, ainsi que de six lycéens et cinq policiers blessés. Une scène de violences qui a pris de court les habitants des résidences situées à proximité immédiate de l’établissement. Mercredi après-midi, nous sommes allés à leur rencontre, en frappant aux portes des immeubles du quartier du Borrigo, pour recueillir leur regard sur la mobilisation et, surtout, sur ces débordements.
« Une véritable bataille »
Au pied du lycée, les souvenirs de la journée de mardi sont encore très présents. « Mardi, c’était une véritable bataille. En un instant, la situation a dégénéré. Il y avait des jeunes juste à côté de notre copropriété qui lançaient des pierres, des pétards, des bouteilles d’eau et tout ce qu’ils trouvaient contre les policiers qui se trouvaient sur l’escalier menant au lycée Curie », raconte un habitant d’une résidence sur l’avenue Cernuschi.
« Ils ont même pris nos poubelles pour les incendier… Vraiment, c’était une scène de film », ajoute l’un de ses voisins.
Des images qui contrastent avec l’ambiance observée la veille. « Lundi, l’atmosphère était bon enfant. Mais mardi, les choses ont dégénéré avec l’arrivée d’un petit groupe de fauteurs de troubles », estime un habitant d’une résidence voisine, située tout près du lycée.
« Je peux comprendre les raisons de la mobilisation »
Pour autant, dans le quartier, la colère ne vise pas nécessairement les revendications portées par les lycéens. Plusieurs habitants disent comprendre leurs demandes et font la distinction entre la mobilisation et les violences qui l’ont accompagnée.
« Je peux comprendre les raisons pour lesquelles ils protestent. S’ils le font, c’est certainement parce qu’à l’école, les choses ne vont pas bien », explique un habitant de la résidence Saint-Nicolas A.
Mais sur les méthodes employées mardi, le constat est beaucoup plus tranché. Après trois jours de mobilisation, les riverains disent surtout leur lassitude face aux débordements à répétition, alors que leur quotidien se retrouve directement perturbé par les affrontements aux abords du lycée.
Des riverains avaient alerté la police
Certains habitants affirment par ailleurs avoir tenté d’alerter les forces de l’ordre avant même les affrontements. « Dans la nuit de lundi à mardi, déjà vers 4 ou 5 heures du matin, il y avait des jeunes qui préparaient du matériel pour la bataille avec la police, cachés dans les escaliers qui montent du Borrigo vers le lycée. Mon voisin a appelé la police, mais il n’y avait pas assez de patrouilles pour venir », rapporte un riverain.
Ce mercredi, une cinquantaine de lycéens ont poursuivi la mobilisation, mais dans une ambiance nettement plus calme et sans affrontements avec les forces de l’ordre. Les élèves ont annoncé vouloir poursuivre leur mouvement ce jeudi 1er octobre 2026.
Dans le quartier, les habitants souhaitent désormais que les prochains rassemblements restent pacifiques : « On espère que les violents de l’autre jour resteront à l’écart du lycée et laisseront les jeunes manifester, sans attaquer la police et sans provoquer de dégâts. »