Nina, élève au lycée Edgar-Faure à Morteau, vient de terminer sa deuxième année de CAP horlogerie. Mardi 30 juin dernier, lors de la publication des résultats d’admission en première année de Brevet des métiers d’arts (BMA) horlogerie, elle voit son nom apparaître en troisième position sur la liste complémentaire pour la rentrée 2026. Une surprise pour cette étudiante qui avait obtenu un avis favorable de l’établissement à l’issue de son CAP.

Un logiciel national pour sélectionner les élèves

« Ce ne sont pas les parents, mais l’établissement scolaire qui saisit les vœux. Ils passent ensuite à la moulinette sur le logiciel “Affelnet” », explique sa maman, Nadine qui poursuit : « Début juin, on a reçu une fiche de vœux à remplir pour les trois écoles proposant un BMA que sont Rennes, Paris et Morteau. Mais les inscriptions pour Paris étaient déjà clôturées ».

Après cette première sélection, une seconde a été opérée du fait de plusieurs désistements sur le logiciel, ouvrant ainsi quelques places supplémentaires, dont une pour Nina, au BMA de Morteau qui compte 30 places disponibles.

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« C’est logique que les 30 meilleurs puissent poursuivre »

« Ce sont les règles du jeu », rapporte le proviseur du lycée Faure, Thierry Finck. « Le CAP qui est un diplôme reconnu n’offre pas systématiquement un passage BMA. Tout élève qui a le CAP et le niveau requis peut postuler au BMA. Pour ceux qui ne sont pas acceptés en BMA pur, donc 100 % scolaire, on a le BMA en apprentissage, c’est-à-dire que les élèves peuvent trouver un maître d’apprentissage et faire cette formation au sein d’une entreprise. En horlogerie ça se passe bien  ».

Un système auquel les élèves vont devoir s’habituer, puisque dans deux ans, le BMA n’existera plus. La réforme instaure dès la rentrée 2027, le Brevet national des métiers d’art (BNMA), un cursus de trois ans, ouvert aux élèves dès la fin de la classe de troisième. À Morteau, « 15 places seront ouvertes en BNMA et 15 en CAP horlogerie, contre 30 en CAP aujourd’hui », précise M. Thierry Finck. « Une fois le CAP obtenu, les élèves auront aussi la possibilité d’intégrer le BNMA directement en seconde année, sous sélection “Affelnet” également. Trente places seront disponibles », ajoute-t-il. Quant à la sélection des élèves sous ce logiciel national, le proviseur du lycée Faure à Morteau voit cette réforme d’un bon œil : « C’est bien de ne pas avoir la main, pour ne pas subir de pression. Et puis c’est une question d’équité, c’est logique que les 30 meilleurs puissent poursuivre dans la voie qu’ils ont choisie. Forcément ça ne fait pas que des heureux. C’est pour moi un faux problème ». Selon le ministère de l’Éducation nationale, cette réforme vise à simplifier les parcours de formation, et à mieux répondre aux besoins de recrutement dans les métiers d’art.

Des difficultés pour trouver une entreprise

Nathan Seyller, 26 ans, a lui aussi décroché son CAP à Morteau. Un CAP horlogerie transfrontalier, obtenu avec mention très bien, au Greta-CFA du Haut-Doubs. Sauf que depuis février dernier, il est en recherche d’une entreprise pour effectuer un BMA en alternance sur deux ans. Avec une formation qui doit débuter le 1er  septembre prochain, il lance aujourd’hui un appel aux entreprises : « J’ai cherché dans les secteurs de Morteau, Besançon, mais également en Alsace d’où je suis originaire, j’ai même contacté des entreprises basées à Monaco ! »