En 2017, il lançait sa propre maison de mode. Depuis, Mossi Traoré développe une grammaire stylistique hautement consciente. En témoigne l’existence de ses Ateliers Alix, baptisés en hommage à la reine de la haute couture Madame Grès, qui défendent une vision sociale, artisanale et exigeante du vêtement.

La mode engagée de Mossi Traoré

Jusqu’au milieu de l’automne, il investit le Mucem avec une exposition immersive dont les 108 pièces rappellent les trésors cachés au sein du musée marseillais mais célèbrent aussi son inspiration. Né en banlieue parisienne de parents maliens, respectivement éboueur et femme de ménage, Mossi Traoré a toujours voulu créer. Après des études à l’école Mod’Art et ayant fait ses armes en tant qu’habilleur à l’Opéra National de Paris, il s’affaire dans les ateliers d’une couturière indienne ou d’un façonnier africain. Son premier défilé, il l’a organisé dans la rue… Et son dernier en date, celui de l’automne-hiver 2026-2027, reproduisait le dispositif d’un procès à la Cour d’appel de Paris. Sans cesse à la recherche de passerelles sémantiques autour de la mode, Traoré est aussi bien influencé par Yohji Yamamoto que par les animés japonais ou les silhouettes de Bollywood.

Imaginée telle une “déambulation libre au milieu d’œuvres spectaculaires”, dixit le créateur, La Mode aussi propose une réflexion autour des objets (machines à coudre, fers à repasser, moules à plisser), des archives (celles du Mucem comme celles de Traoré) et du rayonnement d’une culture pop se refusant à l’élitisme. Au programme, une sculpture de la plasticienne Lee Bul, une nouvelle version de son exposition Ça charbonne, dédiée en 2021 aux travailleurs de l’ombre de la pandémie, aujourd’hui revisitée aux côtés des danseurs coréens de l’Opéra de Paris.

“La danse classique s’invite au cœur de la cité des Hautes Noues, à Villiers-sur-Marne, pour faire se rencontrer des univers, des gestes et des corps habituellement éloignés”, commente Mossi Traoré. Enfin, une collaboration avec l’atelier Fil Rouge, œuvrant pour la réinsertion professionnelle, s’inscrit dans un projet mené pour le stade Vélodrome. Et rappelle l’intérêt de Traoré pour le football, qu’il a longtemps pratiqué… En tant que grand amateur de l’OM, cela va de soi.

“Mossi Traoré, la mode aussi”, jusqu’au 16 novembre, au Mucem, Marseille.