Moto : ZX Moto, le constructeur chinois qui veut rivaliser avec Ducati, Honda et Yamaha
Son modèle phare, la 820RR, capable de passer de 0 à 100 km/h en 2,8 secondes, est vendue environ 43.000 yuans (5.500 euros) en Chine – soit environ 30 % de moins que ses rivales étrangères.
« Comparé à des motos importées comme des Kawasaki, le rapport qualité-prix est excellent », affirme Yang, 28 ans, propriétaire d’une 820RR.
« Ça permet de soutenir le fabriqué en Chine. Et le produit est vraiment bon, c’est pour ça que je l’ai choisi. »
25.000 motos écoulées en 2025
ZX Moto a écoulé 25.000 motos en 2025 et vise la barre des 100.000 cette année, avec l’ambition de doubler ce chiffre d’ici 2027 – un objectif qui le placerait au niveau de BMW.
Mais le marché chinois est féroce.
« Il y a 20 ans, quand tu fabriquais une moto, même si elle ne démarrait pas, les gens faisaient la queue pour l’acheter. Aujourd’hui, sans produit qui tient la route, tu es balayé », souligne Zhang Xue.
Les ventes de motos en Chine ont reculé de 3,4 % en 2025, les consommateurs se tournant vers les voitures ou les scooters électriques – moins réglementés.
Cette situation pousse les constructeurs à se tourner vers l’étranger, où le pouvoir d’achat est plus fort.
Sur les 22 millions de motos produites l’an dernier en Chine, la moitié a été exportée.
Zhang Xue espère en exporter 40.000 en Europe en 2027. Son concurrent chinois Shineray écoule déjà 90 % de ses modèles d’entrée de gamme en Amérique du Sud, en Asie du Sud-Est et en Afrique.
À Chongqing, plus de 50 fabricants et des centaines de fournisseurs profitent de la dynamique de cette « capitale chinoise de la moto ».
« Des entreprises comme ZX Moto émergent d’un écosystème industriel parmi les plus concurrentiels au monde, où le perfectionnement rapide, les chaînes d’approvisionnement intégrées et une rivalité acharnée donnent naissance à des produits de classe mondiale en un temps record », résume Bill Russo, expert du secteur automobile chinois.
Un achat passion
Pour Zhang Xue, les coûts de production moins élevés à Chongqing offrent aux marques chinoises « un avantage » face à des concurrents japonais ou européens qui ont « atteint un plafond technologique ».
« Le secteur de la moto me rappelle celui des voitures chinoises il y a une dizaine d’années », affirme Bill Russo, en référence aux constructeurs BYD et Geely, qui ont rattrapé leurs rivaux étrangers grâce à leurs prix et leurs technologies.
Avec une nuance. « L’achat d’une moto relève davantage de la passion que pour une voiture. L’histoire, le palmarès et le prestige de la marque comptent encore beaucoup, ce qui rend les constructeurs japonais et européens difficiles à détrôner », estime M. Russo.
« L’écart diminue, mais ne sera pas comblé du jour au lendemain », souligne-t-il.
Avec sa nouvelle usine de 800 millions de yuans (103 millions d’euros) prévue fin 2027, ZX Moto est en bonne voie pour intégrer le top 10 mondial des constructeurs d’ici 2034.
« Quand les produits japonais sont arrivés en Europe, c’était pareil », note Zhang Xue.
« Mais du moment que les produits sont bons, le public finit toujours par les adopter. »